Diamant – Mise en garde et trahison

Iello, l’éditeur européen de Diamant, a eu la bonne idée de publier une petite boite contenant deux micro-extensions pour Diamant.
Mise en garde se compose d’une dizaine de tuiles. Avant d’entrer dans une nouvelle grotte, vous piochez l’une de ces tuiles qui modifiera légèrement les règles du jeu pour la grotte en cours. Une tuile, par exemple, fait que les cartes seront révélées deux par deux. Une autre fait que les trésors ne sont jamais partagés, on ne les gagne qu’en sortant seul de la grotte.
Les huit cartes de Trahison permettent à chaque joueur, une fois dans la partie, de dénoncer l’un de ses camarades dont il pense qu’il va quitter la grotte, et de s’emparer de ses trésors s’il le fait.
Pour l’instant, cette extension n’est disponible qu’en français.

Iello, Diamant’s European publisher, has released a small and cheap box with two micro expansions for Diamant.
One of the nine tiles in Mise en garde is drawn before entering a new cave. The tile modifies the rules for the coming cave. For example, cards will be drawn two by two instead of one by one, or treasures are not shared between players and only kept when leaving the cave.
The eight cards in Treason allow each player, once during the game, to pick at another player they think will leave the cave and steal their treasure if they do.
So far, this expansion is available only in French.

 

 

Le Roi des Nains
The Dwarf King

Le Roi des Nains ne fait guère parler de lui. En toute discrétion, c’est pourtant, avec Citadelles, Mascarade et Diamant, l’un de mes quatre jeux « installés », qui se vendent très régulièrement et seront sans doute encore là dans dix ans. Ce paradoxe tient sans doute à ce que son public n’est qu’en partie composé de fans de jeux de société. Beaucoup des joueurs du Roi des Nains sont des joueurs de jeux de cartes traditionnels, de tarot, de bridge ou de belote, qui apprécient de voir recycler avec humour, et sans grande prétention, des mécanismes qui ont fait leurs preuves.

Le Roi des Nains, c’est donc un jeu de plis de facture classique,  mais où l’objectif, différent à chaque donne, est choisi par l’un des joueurs – par exemple remporter les deux derniers plis, ou le moins de plis possible, ou quatre plis d’affilée, ou s’emparer des six et des sept. À chaque donne, une carte spéciale – par exemple la momie, copie de la carte qui a remporté le pli précédent, ou le Shaman qui fait perdre trois points au joueur qui le remporte – vient également apporter un peu de variété. C’est certainement moins technique que le bridge ou la coinche, mais c’est plus rigolo.

Le Roi des Nains ayant un peu plus de dix ans – ce n’est pas grand-chose pour un nain, mais c’est pas mal pour un jeu, il était temps de le retravailler un peu. Les cartes de la nouvelle édition sont au format poker au lieu du format tarot, c’est un peu moins élégant mais cela permet au jeu d’être un peu moins cher. Le principal changement concerne les tuiles objectifs. Elles sont plus grandes et plus lisibles et, surtout, nous avons remplacé les cinq ou six qui nous ont semblé les moins appréciées par de nouvelles idées plus rigolotes et plus simples à mettre en place.

Bref, pas de gros changements, mais une version un peu améliorée, dans une boite que je trouve plus élégante – mais je dois être un peu vieux jeu, j’aime bien les bonnes vieilles boites cloches. Et pour en savoir un peu plus sur le jeu et ses origines, vous pouvez lire l’article que j’avais consacré à sa première édition.

Le Roi des Nains
Un jeu de Bruno Faidutti
Illustré par Swal
3 à 5 joueurs – 30 minutes
Publié par Iello  (2011, 2022)
Boardgamegeek


(I’ve no picture of the English language cover yet, but it’s coming soon)

The Dwarf King is not much talked about in the small boardgaming world. It is nevertheless one my few games selling regularly every year, the other ones being Citadels, Mascarade and Diamant, and it will probably still be around ten years from now. The reason for this paradox is that its players are not all boardgame enthusiasts. Many are probably players of traditional trick taking games such as Whist or Bridge who enjoy a light card game which recycles with humor and lightness the systems they already know and enjoy.

The core system of The Dwarf King is standard trick-taking, but the goal of the game is different with every deal of cards – it can be for example to win the two last tricks, or as few tricks as possible, or four tricks in a row, or to catch the sixes and sevens. In every deal of cards, one special card is added and brings some more variety – for example the Mummy which copies the card which won the last trick, or the Shaman which makes the players who wins it lose three points. The dwarf king is certainly not as technical as Bridge or Whist, but believe me, it’s more fun and light.

The Dwarf King is now more than ten years old. Ten years are almost nothing for a dwarf, but it’s nowadays a lot for a game. It was time to have a fresh look at it. The cards in the new edition have a more classical poker size, which might look less elegant but makes them easier to sleeve. The true change is with the goal tiles. They are easier to read and, more importantly, we have removed the five or six ones  players that players liked the least have been replaced with new light and fun ideas. I hope you’ll enjoy them.

So, no big changes, but small improvements, including a more classy box – but as a boomer, I like good-old two part sliding to boxes – what we call “bell box” in French, but I don’t know how to call them in English. If you want to read more about the game and its design process, you can read my old blogpost about the first edition.

The Dwarf King
A game by Bruno Faidutti
Art by Swal
3 to 5 players – 30 minutes
Publshed by Iello  (2011, 2022)
Boardgamegeek

Un Tric et un Trac

(Sorry, French only – two videos about my new games recorded at the Tric Trac website)

Mon passage chez Tric Trac à Orléans, en septembre, a été vite écourté, après le tournage d’une video de présentation de la nouvelle édition de Mascarade, lorsqu’il s’avéra que l’un des piliers du site, Guillaume, était positif au Covid. Retour à Paris, test, tout ça…
J’y suis donc retourné en novembre pour parler des mes autres nouveautés, Dreadful Circus et Vabanque, et du monde du jeu en général. Voici donc les deux videos, celle sur Mascarade et celle sur tout le reste.

Mascarade, 2ème édition
Mascarade, 2nd edition

Paru en 2013, Mascarade est, avec Citadelles, Diamant et Le Roi des Nains, l’un de mes jeux qui s’est le mieux vendu. Suite à ce succès, Repos Production avait, un an plus tard, publié une extension dont je suis particulièrement fier. Les personnages de l’extension ne sont en effet pas ceux qui auraient été « mis de côté » lors de l’édition initiale, mais des idées qui me sont venues plus tard, ou qui m’ont été suggérées par des joueurs. Quelques uns sont plus intéressants et plus amusants que les personnages de base. Marionnettiste, Princesse et Mendiante sont parmi ceux que je sors le plus souvent.  

Malheureusement, comme cela arrive pour bien des jeux, les ventes de l’extension n’ont été qu’une infime fraction de celles de la boite de base. Cela fait maintenant quelques années que l’éditeur avait renoncé à la réimprimer, et la plupart des joueurs sont donc passé à côté de certaines des cartes les plus intéressantes. Je suis donc très heureux que Repos Production ait finalement décidé de faire une édition totalement nouvelle de Mascarade, permettant ainsi de reprendre la sélection des personnages, qui viennent pour deux tiers de ce qui était le jeu de base et pour un tiers de l’extension. Les discussions pour savoir qui garder ont été assez tendues, chacun ayant ses personnages préférés. J’ai fait un peu le forcing pour le marionnettiste, car je trouve vraiment drôle de voir les joueurs changer de place autour de la table. En contrepartie, j’ai dû accepter de laisser partir le Maudit, qui rendait plus méchant un jeu auquel nous voudrions à l’inverse donner une image plus légère ; on en fera peut-être un goodie, comme le joueur, si cette nouvelle version a du succès.

Les règles pour deux et trois joueurs, qui relevaient un peu du bricolage, ont été abandonnées, et c’est tant mieux – il y a plein de jeux plus intéressants à deux ou trois.

Quelques personnages ont changé de nom; les anciens devront, comme moi, s’y habituer.
Le roi et la reine de Mascarade sont devenus l’impératrice et le roi, ce que je regrette un peu car j’aimais bien le gag un peu féministe de la reine qui gagne un tiers de moins que le roi. J’ai eu un peu la même histoire avec un autre petit jeu de cartes qui sort bientôt, Les petits lutins du Père Noël, j’en reparlerai un de ces jours.
L’évêque est devenu un escroc et l’inquisiteur un gourou, parce qu’il est facile de se moquer des sectes mais que l’on a de plus en plus peur de se mettre à dos les religions établies, qui ne sont pourtant que des sectes qui ont réussi. De même, lorsque, il y a quatre ans, l’éditeur américain a refait les illustrations de Citadelles, ils ont laissé l’évêque mais ont pris bien garde de représenter la religion par un symbole bizarre et vaguement fantastique, et non par une croix chrétienne.
Il faudra que j’écrive un de ces jours un article pour expliquer aux éditeurs qu’ils ont généralement tort de penser à priori que les joueurs sont susceptibles, un peu bêtes et sans humour. Même si cela ne change en fait rien à un jeu qui n’a rien de politique, je regrette un peu que les deux clins d’œil un peu progressistes qui j’y avais glissé, moquant gentiment le sexisme et la religion, aient finalement sauté.

L’autre raison qui a sans doute poussé l’éditeur à relancer ce jeu est son look un peu daté. Les boites allongées comme celle du premier Mascarade ne sont plus à la mode, et donnaient au jeu un côté un peu vieillot. Les graphismes étaient magnifiques, mais peut-être un peu sombres pour ce qui est finalement un jeu grand public, assez rapide, aussi proche des Loups Garous que de Citadelles. La nouvelle édition a donc un format plus classique, et est illustrée dans un style absolument adorable et beaucoup plus léger, plein de couleurs sur fond blanc, par Things by Diana. Le nouveau carnaval a l’air plus vaudou ou mexicain ou brésilien que vénitien, et plus du tout Renaissance. C’est plus joyeux, plus lisible, et sans doute plus dans l’esprit du jeu.

Mascarade
Un jeu de Bruno Faidutti
Illustré par Things by Diana
4 à 13 joueurs – 30 minutes
Publié par Repos Production
Parution 2021 (1ère édition 2014)
Boardgamegeek


Mascarade was first published in 2013  and has become, together with Citadels, Diamant and The Dwarf King, one of my best selling games. After its initial success, Repos production, one year later, published an expansion with new characters. The characters in the expansion are not, like often, stuff that was discarded from the base game, but new ideas which came to me later when playing, or which were suggested by the first owners of the base game. Some cards are more fun and interesting than the basic characters. The Puppet Master, the Beggar and the Princess, for example, have been very popular with my gaming group.

Unfortunately, as it always happens, the sales of expansion were only a small fraction of those of the base game and, for a few years now, the publisher had stopped reprinting it. As a result, most Mascarade players ignored some of the most interesting cards. I am therefore really happy that Repos Production decided to revamp the game, and we seized the opportunity to make a new selection of characters, more or less ⅔ from the basic game and ⅓ from the expansion. The discussions on which characters to keep and which to discard were tense, every character having a few fans. I insisted on adding the puppetmaster, because it’s really fun to see players move around the table. As a counterpart, I had to give up the Damned, which made the game more nasty when the idea is to make this new edition lighter and more family friendly. If the game sells well, may be it will be a goodie some day, like the Gambler.

The two and three player rules have been deleted, and it’s better so. There are so many better games for 2 or 3 players.

A few characters changed name; the old gamers will have, like me, to get used to it.
The King and Queen have become the Empress and King, which I regret because I liked the feminist quip of the woman making one third less than the man. I had a similar problem with another joke in a small card game to be published in the coming months, Santa’s Little Elves – more about it soon.
The Bishop has become a Crook and the Inquisitor a Guru, because it’s safe and easy to mock sects but we don’t dare anymore to mock established religions, which are only sects that got lucky, successful and powerful. Similarly, four years ago, when FFG made a new edition of Citadels, they kept the Bishop but represented religion with a strange fantastic symbol and not the good old Christian cross.
May be I should write a blogpost explaining to publishers that they are probably wrong in thinking the average gamer is touchy, a bit stupid and completely devoid of humor. Anyway, it doesn’t affect the gameplay, and Mascarade was never a political game, but I’m still a bit sad that the two progressive quips I have hidden in it, mocking sexism and religion, have finally disappeared.

The main reason for revamping the game was that, while the art was great, its look was a bit outdated. Long and thin boxes have mostly disappeared from game shop shelves. The art was gorgeous but a bit dark for what, after all, a light and fast paced game, something between Werewolves and Citadels. The new edition has a more balanced rectangular shape. The art, by Things by Diana, is adorable and much lighter, lots of colors on a white background. This new Masquerade looks as much like a Mexican or Brasilian carnival than a Venetian one. It’s more fun, easier to read, and fits better with the game.

Mascarade
A game by Bruno Faidutti
Art by Things by Diana
4 to 13 players – 30 minutes
Published by Repos Production
2021 (1st edition 2014)
Boardgamegeek

Clever Girl

Je ne pratique guère le tuning de jeu. Les très rares fois où je fais l’effort de remplacer le matériel d’origine par quelque chose de plus luxueux, comme par exemple pour les jetons des Charlatans de Beaucastel, c’est pour des raisons plus pratiques qu’esthétiques. Il m’a toujours semblé qu’un bon jeu ne devait pas vraiment avoir besoin d’être beau.

Cela ne m’empêche pas d’être impressionné par ce que d’autres peuvent faire, en peignant des figurines et/ou en fabriquant de nouveaux éléments. Je ne résiste donc pas au plaisir de remettre ici les photos du jeu de Raptor peint et décoré récemment postée sur le Boardgamegeek par Dohyung Kim.


I very rarely pimp my games. When I do it, like recently with plastic tokens for The Quacks of Quedlimburg, it’s to improve the playability, not to make the game look nicer. I’ve always felt a good game doesn’t really need to look nice.

On the other hand, I’m often impressed by what other gamers do, either with painting miniatures or with adding home made pieces. I could not resist reposting here these pictures of Raptor poste on the BGG by Dohyung Kim.

 

Quelques nouvelles
Some news

Quelques uns se sont inquiétés que je n’aie pas mis ce site à jour depuis bien longtemps. Je les rassure, je vais très bien, je fais attention, je reste chez moi, et je ne suis pas malade. Quelques amis le sont.

Si je n’ai rien posté ici depuis longtemps c’est parce que j’ai mis le jeu et le monde ludique un peu de côté. Je n’apprécie pas trop le jeu en ligne et, malheureusement, je ne pense pas qu’il convienne bien à mes créations, tant j’apprécie de plus en plus les jeux om l’on doit regarder ses adversaires dans les yeux.

Du coup, comme beaucoup je crois, je me suis mis à écrire. J’ai repris ma thèse d’histoire sur les licornes, vieille de presque vingt-cinq ans. Mon idée l’originelle était de tailler dans le gras, de mettre un peu à jour ici ou là, et d’en faire un joli livre moins académique, mais néanmoins sérieux et documenté, à mi-chemin entre essai et livre d’art.
J’ai rapidement découvert à quel point l’accès aux sources était devenu plus facile. Des manuscrits médiévaux dont je n’étais pas parvenu à obtenir des photos, des revues victoriennes que je voulais feuilleter mais qui n’étaient visibles qu’à Oxford, voire à Bombay, tout cela était désormais accessible en ligne d’un simple clic. Du coup, j’ai repris les recherches et ai passé des journées entières sur les sites de la BN, de la Bodléienne et de la British Library, et en même temps que je supprimais les passages redondants et ennuyeux, j’en ajoutais de nouveau sur des sujets que je n’avais que peu ou mal exploré. Je suis encore assez loin d’avoir fini, mais je commence à en voir le bout.

Côté jeux, donc, pas grand chose. Une mauvaise nouvelle, un grand éditeur que j’aime beaucoup a annulé une grande partie de ses sorties prévues, et a renoncé à publier un de mes jeux, peut-être ma création préférée, pour lequel nous avions signé il y a presque deux ans. Tout s’est passé de manière très sympathique, et j’ai conservé une avance tout à fait correcte, mais j’ai imprimé quelques prototypes et cherche maintenant un nouvel éditeur. C’est un jeu d’enchères et de bluff assez méchant, aux mécanismes extrêmement originaux, pour 4 à 8 joueurs et avec pas mal de matériel. Je l’ai déjà proposé à trois ou quatre éditeurs avec lesquels j’ai vraiment envie de travailler, mais s’ils répondent non, je prospecterai les autres. SI vous êtes éventuellement intéressé, envoyez-moi un mail.

Sinon, la raison pour laquelle j’écris ce post, et la raison pour laquelle il y tout en haut une bannière de Citadelles, c’est qu’Asmodée vient de mettre en ligne une version light de Citadelles, avec juste les neuf personnages de base et une sélection de quartiers spéciaux, à télécharger et à jouer chez vous avant, éventuellement, de décider d’acheter la boite. C’est disponible dans plein de langues, ici.


I didn’t update this website for quite long, and got a few worried emails. Be reassured, I’m well, I’m cautious, I stay home and I’m not ill. A few of my friends are.

The reason I didn’t post anything here for quite long is that I’ve set games aside for a few weeks. I don’t like online gaming that much and, unfirtunately, I’m afraid my creations are not the kind of game one can easily playtest without looking fellow players directly in the eyes.

Like many people I know, I started writing. I went back to my twenty-five years old PhD thesis about unicorns. The original idea was to remove some of the academic fat, update a bit, and make something lighter, half essay, half art book. I soon found out that research is now much easier than in the nineties. Medieval manuscripts which I could not see, and not even get a picture of, are now viewable online, as well as victorian magazines which could only be read in Oxford, if not in Bombay. As reasult, I dove back into research and spent whole days on the webistes of the French National Library, the British Library, the Bodleian and a few other ones. And while I indeed removed a few boring or redundant pages, I also added several lighter ones on topics I had not or very superficacilly considered. I’m starting to see the end of it, but it’s far from finished yet.

Nothing new with games, except a bad news. A major publisher I really liked trimmed down its program and cancelled a game of mine, may be my favorite design ever, for which we had signed two years ago. Everything went smoothly, and I keep a confortable advance, but I printed a few new prototypes and I’m now looking for a new publisher. It’s a four to eight players auction and bluffing game, with extremely original game systems. I’ve already contacted for publishers I really like and I really would like to work with, but if they decline the offer, I will look elsewhere. So, if you may be interested, drop me a mail.

Last with the reason why there’s a Citadels banner at the top of this post. Asmodee just put online, in several languages, a trimmed down print-and-play version of Citadels, with one set of characters and a selection of buildings. You can download it here, print it, play it, and may be later buy the boxed game.

Incan Gold new edition

The new US edition of Incan Gold is out. It has new and better cover art, the new artifact rules, and cute meeples used to decide whether to move back to the camp or to keep exploring the cave…

Incan Gold
A game by Bruno Faidutti & Alan R. Moon
3 à 8 joueurs – 20 minutes
Published by  Schmidt (2005), Gryphon Games (2006), Iello (2016)
Boardgamegeek

Choisissez votre assassin !
Choose your Assassin!

Je viens de recevoir quelques boites de l’édition Dej, l’édition iranienne de Citadelles, dont je trouve les illustrations magnifiques. Du coup, je me suis amusé à installer un plugin de sondages sur mon site, pour permettre à chacun de choisir le plus bel assassin, la plus belle église, le plus beau chef de guerre, entre la toute première version du jeu, l’édition indonésienne projetée il y a une dizaine d’années et finalement jamais publiée, la grosse boite avec plein de nouveaux personnages parue l’an dernier, et la nouvelle version en Persan.

I just got my first copies of Dej, the Iranian version of Citadels, and really like the art. This was a good oportunity to add a poll plugin to my site, so that you can all choose your assassin, your church and your warlord among the very first version of the game, the unpublished indonesian edition which was unfortunately cancelled, the new big box edition with lots of new characters, and the new Persian version.

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Les illustrateurs du jeu sont :
pour l’édition originelle : Florence Magnin, Jean-Louis Mourier, Julien Delval
Pour l’édition indonésienne : Rizka Septiadi et David Tandayu.
Pour l’édition US de 2017 : Andrew Bosley, Simon Eckert & beaucoup d’autres.
Pour l’édition iranienne: Hassan Nozadian

The artists are :
For the first edition : Florence Magnin, Jean-Louis Mourier, Julien Delval
For the Indonesian edition : Rizka Septiadi et David Tandayu.
For the 2017 edition : Andrew Bosley, Simon Eckert & many more.
For the Iranian edition: Hassan Nozadian

Une Citadelle en Perse
A Citadel in Persia

Il y a une dizaine d’années, un éditeur indonésien avait commencé à travailler sur une édition de Citadelles illustrée par des artistes locaux. Pour toute une série de raisons, ce projet, dont j’ai raconté l’histoire dans un autre poste de ce blog, a finalement été abandonné. Je l’ai beaucoup regretté, car j’aurais bien aimé avoir quelques boites de ce Citadelles oriental. Un peu plus tard, il fut question d’une version mormone, elle aussi abandonnée, mais je ne suis pas sûr que cela relevait vraiment de l’exotisme.

C’est d’un tout autre orient, plus proche, que vient finalement le Citadelles exotique. Il y a trois ans, j’ai été contacté par Alireza Lolagar, de Houpaa, qui souhaitait publier Citadelles en Persan. Les jeux de société modernes sont de plus en plus populaires en Iran. Houpaa en est le principal éditeur, et les cafés jeux s’y développent rapidement. Ceux que cela amuse ou intéresse peuvent lire, ou du moins comme moi regarder, le principal site d’information ludique en persan, roomizgames.

Mais revenons à Citadelles. Comme je le fais désormais chaque fois que je reçois une proposition d’un pays où le jeu n’est pas encore disponible, je l’ai d’abord renvoyé sur mon éditeur américain, Fantasy Flight Games, qui s’occupe déjà de la traductions du jeu dans une vingtaine de langues. Il s’est trouvé que les choses étaient plus compliquées qu’à l’habitude, les sanctions commerciales américaines contre l’Iran interdisant à Fantasy Flight Games de travailler avec un éditeur iranien. Il faut croire que le jeu de société est d’une grande importance stratégique. En revanche, il n’y avait aucun obstacle à ce que moi, en France, signe directement le contrat d’édition avec les iraniens, s’ils n’utilisaient pas les illustrations appartenant à Fantasy Flight. Je ne demandais pas mieux, puisque cela me permettait d’avoir un Citadelles exotique, et bien différent de celui qui avait failli être publié en Indonésie. Je dois aussi remercier Maryam, une amie d’Alireza qui vivait alors à Paris et a beaucoup aidé à faire aboutir ce projet.

C’est un artiste iranien, Hassan Nozadian, qui a réalisé toutes les illustrations, adaptant ainsi l’univers du jeu à l’imaginaire persan. Le résultat est particulièrement élégant, à la fois proche et très différent de l’original. Décors et personnages sont plus proches que je ne l’imaginais des clichés orientalistes tels que je les ai discutés dans mon petit essai sur le sujet. Les paysages désertiques sont agrémentés de rares cèdres ou cyprès, les temples et caravansérails, de pierre blanches ou beiges, allient larges arcades et formes massives. Les couleurs vives, en revanche, sont assez rafraichissantes, loin des ocres et des beiges que les occidentaux se sentent obligés d’utiliser dès qu’ils dessinent le Moyen-Orient, oubliant que dans ces coins là, s’il y a le désert, il y aussi la mer.

Un an après la sortie de Dej, j’ai été invité une semaine à Téhéran par l’équipe de Hoopa games. vous pouvez lire un récit de mon séjour iranien ici.

Dej (Citadelles)
Un jeu de Bruno Faidutti
2 à 8 joueurs – 30 à 60 minutes
Illustré par Hassan Nozadian

Publié par Hoopa Games
Présentation du jeu chez l’éditeur


Ten years ago, an Indonesian publisher started working on a localisation of Citadels illustrated by local artists. This project was finally cancelled, and all that’s left is a few graphic files. I regret it a lot, because I would have liked to own a few copies of this very exotic Citadels. You can read more about this story in an older blogpost. More or less at the same time, a mormon version was also considered, but I’m not sure it qualifies as exotic.

The oriental Citadels is finally coming from another, and much nearer, East. Three years ago, I was contacted by Alireza Lolagar, from Houpaa, who wanted to publish Citadels in Persian. Modern boardgames are becoming popular in Iran. Houpaa is the main publisher there, and game cafés are on the rise. Those interested might read, or at least like me have a look, at the main iranien board game website, roomizgames.

But let’s get back to Citadels. As I do every time I am contacted by someone willing to publish Citadels in some exotic country where it isn’t available yet, I forwarded Alireza to Fantasy Flight Games, which already deals with localisation of the game in about twenty languages. This time, things were more complicated than they are usually, since my friends at FFG found out that US commercial sanctions against Iran forbid them to deal with an Iranian publisher. Yes, it looks like boardgames are that strategic. On the other hand, there was no problem with me dealing directly with Iranians, providing they didn’t use the art owned by FFG. All the best for me, I was now going to have an oriental Citadels, and a completely different one than the one I nearly got in Indonesia. I must also thnk Maryam, a friend of Alireza who was living in Paris at that time and helped a lot with this project.

All the art for the Persian edition of Citadels is by Iranian artist Hassan Nozadian. I really appreciate the way he managed to to make something both really different and very true to the original. Places and characters are not that different from the orientalist clichés I discussed on my short essay on this topic. Desert landscapes with the occasional cedar or cypress, massive temples or caravanserais with wide arcades. Colors, on the other hand, are bright and fresh, quite different from the browns and beiges western game illustrators always use when depicting the Middle-East, as if forgetting that while there’s indeed desert there, there’s also sea.

One year after Dej was published, I was invited for a week in tehran by its publisher, Hoopa games. You can read a report of my travel, with my impressions of the local boardgame scene, here.

Dej (Citadels)
A game by Bruno Faidutti
2 to 8 players – 30 to 60 minutes
Art by Hassan Nozadian
Published by Hoopa Games
Publisher’s Citadels webpage

Les reliques de Diamant
Diamant’s Relics

Un petit changement de règles a été effectué sur les derniers tirages de Diamant. Cela concerne uniquement la variante utilisant les cartes reliques. Dans la règle originelle, les trois premières cartes piochées valent 5 rubis, les deux suivantes 10. Désormais, les cartes ont des valeurs de 5,7,8,10 et 12 rubis, qui sont inscrites sur les cartes. La carte de 5 rubis est en jeu dès le début de la partie, suivie de la 7 rubis à la seconde manche, et ainsi de suite.
Il y a deux raisons pour ce changement.
Tout d’abord, cela évite d’avoir à placer des gemmes sur les cartes relique remportées par les joueurs, et permet donc d’utiliser un peu moins de pierres. Or il pouvait arriver que l’on soit à court de pierres avant la fin de la partie. Même si le problème était aisé à résoudre, il est plus élégant de l’éviter. Je ne prétend pas que cela soit désormais impossible, mais cela devrait quand même arriver beaucoup moins souvent.
Par ailleurs, il nous a semblé que cela rendait le jeu plus clair, le décompte des points plus évident, que ce soit en cours de partie ou à la fin du jeu.
Si vous avez un ancien tirage de Diamant, ou l’édition Incan Gold, et voulez profiter de ce tout petit changement, rien de plus facile. Il vous suffit de prendre un feutre et d’inscrire les valeurs 5,7,8,10 et 12 sur vos cartes relique.
Ce petit changement devrait être introduit dans les nouveaux tirages du jeu dans les différentes langues. Je crains un peu qu’ici ou là les nouvelles cartes soient dans la boite sans que la règle ait été mise à jour. Si c’est le cas dans votre langue, dites-le moi que je fasse passer le mot à l’éditeur!

We’ve changed a rule in the new print runs of Diamant. the change happens only when using the Relic cards. In the original rule, the first three relics were worth 5 rubies, and the two next ones ten. Relics now have a fixed value written on the card, 5, 7, 8, 10 and 12. The 5 rubies card is in play in the first round, the 7 rubies is added for the second round, and so on.
There are two reasons for this change.
First, it’s no more necessary to place gems on the relic cards won by the players. It could happen that there were not enough gems in the game. The problem was easy to solve but anyway, better avoid it. It’s not impossible now, but it becomes far less likely.
Second, we think it makes the reckoning of values easier, both during the game and for the final scoring.
If you have an old print run of Diamant, or the Incan Gold edition, you can easily benefit from this small improvement. Just use a felt pen to write the values, 5, 7, 8, 10 and 12, on the face side of the relic cards.
This change ought to be introduced in future Diamant print runs in different languages. I’m a bit worried that here or there, the new cards will be in the box while the rule will not be updated. If you notice something like this in your language, just tell, so that I can forward the issue to the publisher.