Et voilà, je suis rentré d’Etourvy, le petit village où j’organise, depuis une trentaine d’années, les rencontres ludopathiques. Ce qui avait débuté comme un petit week-end entre amis, avec la petite équipe de Ludodélire et mes potes de GNs, est devenu un événement international certes amical et de taille modeste, mais relativement important dans le petit monde du jeu de société. Nous étions près de 200 cette année parmi lesquels, je crois, deux personnes qui étaient là lors de la toute première édition, en 1994 – Hervé et Droopy.
200 participants environ, une cinquantaine de plus que l’an dernier, essentiellement parce que la date était plus pratique, un week-end qui ne coïncidait ni avec UKGE, ni avec le Tokyo Game Market, pour lequel certains s’envolaient dès le lendemain. Le pont de l’Ascension permettait aussi aux français de venir en famille. J’ai eu grand plaisir à revoir des habitués qui n’étaient pas venus depuis plusieurs années, Agathe, Anja, Sergio. Je ne suis pas fan du formalisme des quotas mais j’essaie toujours d’avoir un public varié, et je pense y être assez bien parvenu cette année, avec pas mal de femmes, pas mal d’enfants, et des joueurs venus d’un peu partout, d’Allemagne, d’Italie, du Brésil, des Etats-Unis, du Canada et même de Hong Kong. Bon, il y a une quinzaine d’années, on a eu une joueuse qui venait d’Antarctique, je ne ferai jamais mieux – et je serais curieux de savoir ce qu’elle est devenue, si par hasard elle lit ce billet. 200 participants, c’est aussi le maximum que peuvent supporter les locaux et les équipements du domaine Saint-Georges. Les rencontres ludopathiques ne grossiront plus et si, l’an prochain, je veux faire venir quelques nouveaux participants, il faudra que quelques-uns de ceux qui étaient là cette année renoncent à revenir.
Durant les quinze jours qui ont précédé ce long week-end de jeu, la météo a pas mal joué avec mes nerfs, les prévisions changeant du tout au tout plusieurs fois par jour. Finalement, ce n’était pas terrible, avec des giboulées et même un impressionnant orage de grêle le jeudi, mais cela aurait pu être pire, et l’on a eu quand même quelques chouettes moments ensoleillés. Une averse totalement inattendue le samedi, alors même, que j’avais installé la table des prix offerts par les éditeurs dans le pré attenant à la grange où nous jouons, fait que la distribution des prix s’est déroulée dans un certain chaos.
Après plus de trente ans, la machine des ludopathiques est bien rodée. Une petite équipe m’aide à gérer tout cela, Camille, Ghislain, Didier, Hervé et, cette année, Éric qui s’est joint à nous en arrivant dès le lundi. C’est largement grâce à eux que j’ai pu trouver un peu plus de temps pour présenter mes prototypes aux éditeurs présents, même si j’ai complètement oublié ce que j’ai laissé ou promis à qui, merci de m’envoyer un mail pour me le rappeler…
La météo capricieuse a limité les activités extérieures, mais nous avons quand même pu faire un brouhaha, dont j’ai curieusement peu de photos, et quelques courageux sont allé marcher, voire courir, vendredi et samedi matin. J’avais prévu un Turtle Wushu géant, mais j’ai bêtement oublié et ne l’ai réalisé qu’en partant, en retrouvant les grenouilles qui me servent de tortues… ce sera pour l’année prochaine. La nouvelle salle de la meunerie, un peu à l’écart, a permis de faire quelques activités ludiques dans un certain calme, des parties de jeux de rôles, le traditionnel tournoi de poker, et un jeu de guerre napoléonien fantastique organisé par le Dylan canadien. C’est dans un coin encore plus cosy et discret que s’est déroulée la murder-party Woodstock, dont j’espère que quelqu’un a pris des photos parce que je n’en ai aucune ! Le vainqueur du Super Cats géant organisé par Théo a été Cathy, avec 12, le chiffre le plus petit à n’avoir été chois qu’une fois par les participants. Marc avait organisé un étonnant concours de lecture sur des nouvelles ludiques écrites par Viencent Everaert. Le tournoi de poker menteur a été remporté par Maud, celui de poker tout à fait classique par Cyrille (y aurait-il un pattern ?), celui de pétanque par Droopy et Hervé.
La collection de gros jeux en bois que je laisse sur place d’une année sur l’autre s’est enrichie cette année d’un jenga géant, et passablement bruyant quand il s’effondre, qui a eu un certain succès. Il sera encore là l’an prochain mais s’il fait beau on le mettra dehors pour éviter de faire trop trembler les tables de jeu.
L’un des jeux les plus joués aura certainement été mon Fruit Cocktail, mais j’avais triché puisque j’en avais offert une boîte à chacun des participants. J’ai aussi présenté Seashells, dont l’éditeur, KTBG, avait envoyé mes exemplaires d’auteur directement à Etourvy, et deux boites en avant-première de Citadels Duel, dont les deux auteurs, Manu et Guillaume, étaient présents – au fait, si vous avez apprécié l’un de ces trois jeux, allez mettre une note et un commentaire sur le boardgamegeek, merci !
Sinon, parmi les jeux qui m’ont semblé les plus joués, j’ai notamment remarqué quelques nouveautés comme Trinket Trove, Magical Athlete, Hot Streak, Got Five, FlipToons, Paon, Moon Colony Bloodbath, Dnup, Excalibur, Misfit Heroes, Amarok, Vroom, Symbiose ou Whirly Derby mais aussi quelques jeux qui étaient déjà là l’an dernier comme Botswana, Things in Rings, Dude, Long Shot, Flip 7, Come Sail Away, Tea Garden, Rebirth ou Krazy Wordz. Plusieurs éditeurs faisaient tourner des prototypes ou des avant-premières de jeux destinés à sortir bientôt. Parmi ceux dont je pense avoir le droit de parler, The Happiest cat in the World, Rocket Rollout et Tea and Rum semblent avoir été les plus appréciés, tandis que Paon, Mon, San et Cat 40, de petits jeux de cartes, m’ont paru le plus dans mon style, même si je n’ai pas eu l’occasion d’y jouer. Le succès de jeux comme Magical Athlete, Hot Streak, Whirly Derby et Moon Colony Bloodbath, parmi les plus joués du week-end, est particulièrement notable. Ce sont d’excellents jeux, mais ce sont aussi des jeux édités avec humour, ce qui se faisait rare ces derniers temps, et j’espère que c’est une tendance qui va se confirmer. Je n’ai pas pu jouer à toutes ces nouveautés, loin de là, mais je prévois de me rattraper un peu cette semaine en passant trois jours au chalet d’Aline et Martin Vidberg – ils n’ont pas pu venir à Etourvy cette année, ce qui était bien dommage.
J’ai vu aussi pas mal de parties de The Gang, Duel for Cardia et Harmonies, mais il s’agissait le plus souvent d’auteurs ou d’éditeurs testant de futures ou possibles extensions. Avec une trentaine d’auteurs de jeux présents, et autant d’éditeurs, les prototypes étaient nombreux et pas toujours faciles à distinguer des jeux édités. Deux tendances m’ont frappé. Beaucoup de cartes ressemblant à des cartes à jouer classiques servaient de support à des variations plus ou moins sophistiquées sur les jeux de plis, sur le poker et, dans une moindre mesure, sur les jeux de défausse – j’en ai d’ailleurs un qui sort l’an prochain. J’ai aussi été frappé par le nombre de tables occupées par d’énormes plateaux de jeu rectangulaires où l’on place des ouvriers de toutes formes, tailles et couleurs sur des cellules de tableau excel, qu’il s’agisse de prototypes ou de jeux publiés – Kikai, Tea and Rum, Arctica et plein d’autres que je ne connais pas ; c’est un genre que je pensais, sans doute à tort, sur le déclin. L’un des prototypes les plus joués, et certainement le plus mystérieux, était cependant le jeu narratif de Manu et Guillaume avec son grand plateau blanc. Entre les petits jeux de cartes et les gros jeux de gestion ou d’aventure, on pouvait parfois avoir l’impression que les jeux poids moyen, ceux ont quatre pages de règles et se jouent en un peu plus d’une demi-heure, avaient disparus. Qu’ils soient petits ou gros, les jeux strictement pour deux joueurs m’on paru absents des nouveautés, mais c’est paut-être parce que nous étions nombreux et cherchions à jouer en grands groupes.
En rentrant d’Etourvy, j’ai découvert la sélection 2026 du Spiel des Jahres allemand, qui reste le prix le plus renommé et le plus influent. Parmi les neuf jeux sélectionnés par le jury, je n’en ai vu que trois, Rebirth, Moon Colony Bloodbath et l’Île des Mookies, joués à Etourvy. Cela illustre bien la variété, mais aussi la qualité de l’offre ludique actuelle – il y a tellement de bons jeux que l’on ne peut, et c’est vrai aussi bien pour mes amis joueurs que pour le jury du Spiel, que passer à côté de beaucoup.
Si nous avons bien sûr passé le plus clair de notre temps à jouer, il est arrivé aussi que l’on cause un peu. Suite à l’un de mes posts sur Facebook la semaine précédente, il a pas mal été questions d’aphantasie, qui semble relativement répandue dans le monde du jeu. Nous avons un peu discuté des ambiguïtés politiques du milieu ludique, avec des créateurs et des équipes éditoriales plutôt de gauche et des investisseurs franchement de droite ; nous ne sommes pas les seuls, mais pour l’instant, cela se passe plutôt bien. On a parlé, comme l’an dernier, du poids croissant de l’Asie dans le marché et dans la création ludique ; certains pensent même que l’avenir du jeu de société était euro-asiatique, avec un marché américain condamner à se marginaliser, et plusieurs des hôtes d’Etourvy s’envolaient dès le lendemain pour le Tokyo Game Market. D’autres, ou les mêmes, se demandaient si le « jeu de plateau narratif », sorte d’hybride entre nouvelle, jeu de rôle et jeu de société classique, était là pour rester ou n’était qu’une mode passagère ; j’ai longtemps pensé que ce n’était qu’un discours, un concept un peu creux, mais j’avais visiblement tort. Je me suis fait un peu expliquer le monde, que je connaissais mal, des « influenceurs ludiques » entre lesquels la concurrence semble nettement moins bienveillante qu’entre auteurs ou éditeurs; cela m’a rappelé la formule de Kissinger sur les universitaires entre lesquels « la haine est d’autant plus féroce que les enjeux sont ridicules ». La place des intelligences artificielles, dont tout le monde parlait l’an dernier mais qui pour l’instant ont relativement peu affecté le monde du jeu, m’a semblé curieusement absente des discussions, peut-être parce que beaucoup de personnes, comme moi, changent d’opinion deux ou trois fois par jour sur ce sujet. Peut-être aussi suis-je passé à côté des conversations sur ce thème.

Et voilà, je pense que c’est tout, dites-moi si j’ai oublié des trucs, à l’année prochaine. J’espère que tout le monde est bien rentrés, et que ceux qui s’envolaient dès le lendemain pour Tokyo ont bien dormi dans l’avion.
Plusieurs raisons font que j’ai attendu plusieurs semaines avant de poster ce compte-rendu. Souhaitant l’illustrer de jolies photos, j’ai décidé d’attendre d’e recevoir’avoir reçu les portraits d’Antoine, sans doute le meilleur photographe parmi les participants, qu’il ne pouvait m’envoyer qu’après son retour du Tokyo Game Market. Une semaine après les ludopathiques, j’avais également prévu de passer quelques jours en Franche-Comté, dans le chalet d’Aline et Martin Vidberg, ce qui m’a d’ailleurs donné l’occasion de jouer à quelques uns des jeux que j’avais vu tournet à Etourvy sans trouver les temps de les essayer. J’ai particulièrement apprécié Minikin City et FlipToons, deux petits jeux de cartes dans l’esprit de Far Away ou de Château Combo, Fû Festive Fortunes, un jeu de bluff et de placement d’ouvriers sur le thème du nouvel an chinois, et French Toast, un party game pas vraiment nouveau mais à côté duquel j’étais passé, et que Pénélope avait pris à Etourvy sur la table des prix. Dans une semaine, je serai au petit salon des auteurs de jeux allemands à Göttingen, où je vais sans doute jouer à quelques autres.
Plus de photos après la version anglaise de ce compte-rendu. Attention, il en va des jeux comme des jeux, certains sont plus photogéniques que d’autres. Les jeux les plus présents sur les photos ne sont pas nécessairement ceux qui ont été le plus joués.
I’m back from Etourvy, the small French village where, for more or less thirty years, I hold my yearly personal game convention, the ludopathic gathering. What had started as a small gaming week-end with friends, mostly the Ludodelire team and my larp friends, has now become a small and friendly but nevertheless relatively important event in the small boardgaming world. We were almost 200 this year, including, I think, two attendess who are here since the very first edition, Hervé and Droopy.
200 attendees, almost 50 more than last year, mostly because the timing was better. It was before two other events which many planned to attend, the Tokyo Game Market, to which a few people were flying the next day, and UKGE. It was also a “long week end” for French schools, allowing older gamers to come with their kids. I’m wary of formal quotas, which usually backfire, but I always try to have a varied attendance, and I think I managed it well this year, with a good proportion of women, kids and people coming from all over the world – Germany, Italy, Brazil, USA, Canada, and even Hong Kong. OK, fifteen years ago we had a gamer come from Antarctica, it’s a unbeatable record – and btw, I’m curious to learn what became of her, if anyone knows or if she reads this post. 200 attendees was also the maximum the main place, the Domaine Saint-Georges, can accomodate, and the Ludopathic Gathering will not grow bigger than this.
I spent the two weeks before this game prolonged week-end worrying about the weather forecast, which was changing completely every few hours. In the end, weather was mediocre, but it could have been worse. We had an impressive hailstorm on Tuesday, and an unexpected rain on Saturday just when I had prepared the prize table with all the games sent by the publishers in a nearby field. The prize giving was therefore a bit hurried and messy.
The thirty years old process of the ludopathic gathering is now well oiled. A small team help me managing everything, Camille, Ghislain, Didier, Hervé and, this year, Eric who arrived with us on Monday. Thanks to them, I had more time this year to show prototypes to publishers, even when I forgot which ones I have given or promised to send to whom – please email me to remind me of it.
The capricious weather restrained the outdoor activities, but we nevertheless managed to play the traditional Brouhaha, of which I have surpringlu few photos. A few dedicated people went walking, and for some of them even running, on Friday and Saturday morning. I had scheduled a giant game of Turtle Wushu but completely forgot about it, it will be held next year. The new room in the Meunerie was very convenient for activities requiring some calm and concentration, a few rpg sessions, the yearly poker tournament and a Napoleonic horror war game held by the Canadian Dylan. The Woodstock murder party took place in an even more cosy and isolated place, so isolated that I have no pictures of the event – if someone took pictures, please send them to me. Cathy won Théo’s giant Super Cats tournament with the number 12, the smallest to have been chosen by onely one player. Maud won the liar’s poker tournament, and Cyrille the true poker one – is there a pattern here ? Droopy and Hervé won the boules tournament.
There was a new addition to the collection of big wooden games I let in Etourvy from year to year, an oversized Jenga game, which was quite successful. It will still be there next year but, if the weather is better, we will place it outside so that gaming tables don’t quake too much when it falls.

Fruit Cocktail, a game Yohan Levet could have designed.
One of the most played games was my new Fruit Cocktail, but I had cheated a bit since every attendee had been offered a copy. I also showed Seashells, whose author copies I had been sent directly to Etourvy by the publisher, KTBG, and two prepress copies of Citadels Duel, whose designers, Manu and Guillaume, were both present. By the way, if you were there and enjoyed these games, please go rate them on BGG !
Among the most played games, I noticed many other brand new games, Trinket Trove, Magical Athlete, Hot Streak, Got Five, FlipToons, Moon Colony Bloodbath, Dnup, Fetching Feathers, Excalibur, Misfit Heroes, Amarok, Symbiose, Vroom and Whirly Derby, as well as some older stuff like Botswana, Things in Rings, Dude, Long Shot, Flip 7, Comme Sail Away, Tea Garden, Rebirth or Krazy Wordz. Many publishers were showcasing prototypes or prepress copies of games which will soon hit the shelves. Among those I think I am allowed to name, or at least I was not told not to, The Happiest cat in the World, Rocket Rollout and Tea and Rum had the most table presence, while Paon, Mon, San and Cat 40, four smaller card games, look more in my style, though I didn’t have the opportunity to play them. I am especially happy to see the succes of games like Magical Athlete, Hot Streak, Whirly Derby or Moon Colony Bloodbath. These are really good games, of course, but also games published with humor – I hope it’s only the start of a trend. I didn’t find the time to play most of the new games, but I plan to make up for it in the coming week with spending three days at Aline and Marin Vidberg’s place – they could not make it to Etourvy this year and we missed them.
I also saw many games of The Gang, Duel for Cardia and Harmonies, but most of them were designers or publishers playtesting future possible expansions. There were about thirty boardgame designers around, and as many publishers, prototypes were everywhere, some of them hard to distinguish from published games. I Noticed two main trends. Many card games were variations on trick taking games or on poker and used cards looking more or less like those in traditional card games – fewer climbing games, I think, which is good since I have one coming next year. I was surprised by the number of heavy looking games with oversized boards where players seemed to be placing workers of various shapes, sizes and colors on large spreadsheet cells. There were Tea and Rum, Kikai, Arctica and a dozen other ones. I thought, visibly wrongly, that the genre was on the wane. One of the most played prototype, and certainly the most mysterious, was Manu and Guillaume narrative game with its large white board. So many light card games and heavy management or adventure games, that it sometimes felt as if everything in between, middle-sized board games lasting a bit more than half an hour, had vanished. Strictly two player games wrer also largely absent, but this may be because we were many and wanted to play with everyone.
Back from Etourvy, I discovered the 2026 nominees for the Gerrman Spiel des Jahres, still the best known and the most influential award. From the nine nominees, only three, Rebirth, Moon Colony Bloodbath and Mookie Island, were consistentlyt played in Etourvy. This clearly shows the variety, but also the diversity, of today’s boardgame design and publishing. There are so many good games that everyone, including my gaming friends and the Spiel jury, inevitably misses many of them.
We spent most of our time playing games, but still found some time for discussions. The week before, I had posted on Facebook about aphantasia, which seems to be extremely prevalent among boardgame designers and became one of the most discussed topic. We discussed the political ambiguities of the French boardgaming world, with publishing teams rather on the left and investors very much on the right. So far, the cohabitation seems to go smoothly. Like last year, we talked about the growing place of Asia in the hobby, in the market and in the design of boardgames; some even think that the US market will slowly get marginalized and that future of boardgames will be Euro-Asian. Several of the Etourvy attendees were flying the next day to the Tokyo Game Market. We discussed whether “narrative boardgames” were there to stay or were just a passing fad ; I used to think it was just a marketing discourse, an empty concept, but I was probably wrong. I listened to some stories of the world of « boardgame influencers »,about which I knew nearly nothing, and was surprised to learn that their competition is far less benevolent than that between designers or publishers; it reminded me of Henry Kissinger’s saying about university scholars, between whom hatred « is so vicious because stakes are so small ». Surprisingly, while last year everyone was talking AI, the subject was largely ignored this year, either because boardgame design has so far not been really affected, or because many people, like me, still change their mind on the topic two or three times a day.

That’s all for this year. Please tell me if I forgot something worth mentioning, and see you next year. I hope everyone went home safe, and those who were flying to Tokyo the next day slept well in the plane.
I’ve waited a few weeks before posting this report, for several reasons. I wanted to enrich it with nice pictures, and decided to wait for Antoine’s photos, which I would only get after he came back from the Tokyo Game Market. I had also scheduled, one week after the ludopatic gathering, a few days in Antoine and Aline Vidberg’s cabin in the Jura mountains, which was an oportunity to give a try to some of the games I have only seen being played in Etourvy. I especially enjoyed Minikin City, Fliptoons, Fu Festive Fortunes, a double guessing and worker placement game about the Chinese New Year, and French Toast, a really fun party games which Pénélope had taken on the prize table in Etourvy. Next week, I will be at the German Game designers meeting in Göttingen, and might play a few other ones.
After this report, you will find a selection of pictures from all attendees. Don’t be fooled, though, games are like people, some are more photogenic than others. The most photographed games are not necessarily the most played ones.
Mes photos, en ordre chronologique – My photos, in chronological order – part 1
Mes photos, en ordre chronologique – My photos, in chronological order – part 2
Les photos de Dylan – Dylan’s photos
Les portraits d’Antoine – Antoine’s portraits
Les photos de Seb et Ghislain à la Murder Party – Seb & Ghislain photos of the Muder Party
Les photos de Candice – Candice’s Photos
Les photos de Sophie et Mel – Mel & Sophie’s photos
Les photos de Nathalie, Maud et Sven – Maud, Nath & Sven’s photos
Des photos d’un peu tout le monde – Everyone’s other photos
















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































