Zombies !

Comme dirait Nadine Morano, je n’ai rien contre les zombies. La preuve, mes meilleurs amis sont morts.
Un petit tour sur les sites traitant de l’actualité ludique montre que l’invasion est en marche. Dans les semaines qui viennent, on nous annonce rien de moins que Zombicide, Walking Deads, City of Horror et sans doute quelques autres que je n’ai pas remarqué. Or les zombies, comme dirait Brice Hortefeux, c’est comme les auvergnats – quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça devient un problème. Et la, franchement, je commence à trouver qu’il y en a trop. Les pingouins, ça va, c’est mignon – mais les zombies, ça pue.

Nulle part le thème des cadavres qui marchent, et généralement partent à l’assaut d’un centre commercial, n’est aussi fréquent que dans les jeux. Alors qu’en littérature ou au cinéma, vous trouverez dix vampires pour un zombie, la proportion s’inverse dans les jeux. Pourtant, tant qu’à donner dans les morts-vivants, les vampires sont bien plus élégants et plus sexys, et même les loups garous ont une certaine beauté sauvage. Les zombies sont justes moches, puants, et trop bêtes pour être méchants.

Il y a dix ans, tout le monde faisait des jeux de pirates. Les zombies sont les nouveaux pirates et, franchement, c’est moins joli, moins amusant, moins exotique et, souvent, plus artificiel. Que le thème des zombies soit traité de temps à autre, lorsqu’il colle naturellement au jeu, rien de plus normal – et j’espère que la très humoristique extension zombie de Puerto Rico sera un jour publiée. En revanche, je ne comprends toujours pas pourquoi l’excellent Cat & Chocolate, qui n’avait guère besoin d’un changement de thème, est devenu Texas Zombie – un peu comme si l’éditeur, hésitant entre des cowboys et des zombies, avait finalement choisi de ne pas choisir et de mettre des cowboys zombies.

On peut chercher des explications psychanalytiques à cette invasion. Les zombies seraient, complémentairement des vampires, une métaphore du Sida. Ils seraient aussi l’illustration du repli sur soi et de la peur malthusienne de l’étranger venu piller ce que nous avons de plus précieux, les rayons de nos hypermarchés (et ce qu’il reste de nos cerveaux). Il n’empêche qu’un bon jeu est un jeu qui fait réfléchir, qui fait rêver et qui amuse. Les zombies ne réfléchissent guère, je ne rêve pas de me faire bouffer le cerveau, et ces sales bêtes ne me font même pas rire. Rendez-nous les magiciens et les pirates !

Bon, il y a quand même des jeux de zombies que j’aime bien, mais ce sont plutôt des petits jeux pas très thématiques, comme Give me the Brain et Zombie Dice, et je les aimerais sans doute plus encore sans zombies.

I’ve nothing agains zombies, some of my best friends are dead.
Terry Pratchett.

The invasion has started. A short look on the boardgaming news websites reveals an impressive number of zombie-themed games to be published in the next few weeks – Zombicide, Walking Deads, City of Horror and probably several more I didn’t notice. Well, it’s with zombie games as with zombies – one is hardly an issue, but many can become really unbearable. Penguins are cute, so I have no problem with them, but zombies are not, and smell bad.

Walking Deads, usually besieging and attacking a shopping mall, are nowhere as popular as in games. In movies or literature, there are ten vampires for a zombie, in games there are ten zombies for a vampire. And yet, among undeads, vampires are far more sexy and elegant, and even werewolves have some kind of savage beauty. Zombies are just ugly, smelly, and too stupid to be really evil.

Ten years ago, everybody was doing pirate games. Zombies are the new pirates, and they have far less charm, far less humor, and look far less exotic. I’d gladly see zombies when they feel like the obvious theme for a game, and I still hope that a zombie expansion for Puerto Rico will be published some day. On the other hand, i don’t understand why the excellent Cat and Chocolate was – loosely – rethemed as Texas Zombie, as if the publisher couldn’t make his mind between cowboys and zombies, and decided not to choose and to have zombie cowboys.

The zombie invasion might have psychoanalytic explanations. Zombies may be, in a different way than vampires, a metaphor of aids. They are probably also an image of identity withdrawal and malthusian fear of strangers coming to take our most cherished properties – our shopping mall inventories, and what’s left of our brains. Anyway, games are designed for players to think, dream and have fun. Zombies don’t think much, I’ve never dreamt of having my brain eaten, and I don’t think putrefying corpses are fun. Bring back wizards and pirates!

Well, there are some zombie games I really like, but these are usually light and not highly thematic games, such as Zombie Dice or Give me the Brain, and I’d probably like them even more without zombies.