Nothing personal

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Depuis que j’ai abandonné la ludothèque idéale, je consacre la plupart des articles de ce blog à mes propres jeux. Cela ne m’empêche pas de continuer à pratiquer avec intérêt et curiosité les créations d’autres auteurs, et toutes les règles doivent avoir des exceptions.

J’ai donc décidé d’en faire une pour parler de Nothing Personal, un gros jeu de plateau de Tom Vasel et Steve Avery sur le thème de la mafia. Tom Vasel est sans doute aujourd’hui le critique de jeu le plus connu et le plus respecté. Les videos qu’il consacre sur son site The Dice Tower soit à présenter une nouveauté, soit à discuter telle ou telle catégorie de jeux, sont très populaires. Même un joueur comme moi, qui préfère toujours le texte à la video, les regarde parfois.
On aurait pu s’attendre à ce que le Nothing Personal soit un succès immédiat ou, à tout le moins, soit très commenté dans le petit monde ludique. S’il n’en a rien été, c’est parce que Tom Vasel a fait preuve sur son premier jeu d’une remarquable discrétion. Il n’en a presque jamais parlé dans ses videos, et ceux qui suivent ses critiques peuvent très bien ne jamais avoir appris qu’il avait publié un jeu – et un jeu relativement ambitieux. Et donc, si Tom a été trop modeste, trop honnête, trop discret pour faire la promotion de sa création, c’est un peu aux autres auteurs de jeux de le faire.

Tom Vasel parle régulièrement de mes jeux, et le plus souvent en bien. À l’occasion de la sortie de la troisième édition de l’Or des Dragons, Il vient de mettre en ligne sa troisième critique enthousiaste de ce jeu. Il ne manque pas une occasion de signaler que Smiley Face est un excellent petit jeu desservi par un thème stupide et des illustrations ridicules  – j’espère que cela incitera un jour un éditeur à vouloir le ressortir avec son thème d’origine. J’ai adoré Nothing Personal !, et je ne pouvais donc pas laisser passer l’occasion de lui renvoyer l’ascenseur.

Dans Nothing Personal, les joueurs sont à la tête de grandes familles de la mafia américaine. Le plateau de jeu et le système principal du jeu font un peu penser à  Kremlin, de Urs Hostettler, un jeu un peu obsolète que j’ai beaucoup pratiqué dans les années quatre-vingt, ou à Elfenwizards, un jeu d’Alan Moon au temps où il voyait des elfes partout. On a donc une hiérarchie pyramidale, avec le capo et son second tout en haut, et des petits jeunes plein d’ambition à la base. Chaque personnage, et chaque place dans l’organisation, donne un pouvoir particulier, tenter d’éliminer un ami gênant, manipuler les influences, recevoir de l’argent, faire sortir quelqu’un de prison… et si la structure du jeu est celle de Kremlin, l’ambiance autour de la table fait plus penser à Cosmic Encounter.  Le but de chaque famille est d’asseoir sa position en augmentant son prestige, soit en prenant le contrôle des mafieux les plus haut placés, soit en faisant progresser dans la hiérarchie ceux que l’on contrôle déjà. On peut éliminer ses rivaux, tenter de prendre leur place, ou plus discrètement les faire chanter.   Nothing Personal est un jeu complexe et ambitieux, dont une partie peut durer deux heures, mais c’est néanmoins un jeu dans mon style – thématique, fluide, interactif, drôle et méchant. Il y faut un bon sens tactique pour saisir les opportunités, ainsi qu’un peu de psychologie  pour savoir à qui l’on peut faire confiance, mais il y faut aussi de la chance. Un lancer de dé – ou de couteau – malencontreux y peut parfois ruiner les plus belles stratégies. J’ajoute que les illustrations, dues à plusieurs artistes, mettent très bien dans l’ambiance.

Ces derniers temps, lorsque je joue à un gros jeu, un jeu qui dure deux ou trois heures, c’est surtout par curiosité, pour en découvrir les mécanismes, et je n’envisage généralement pas d’y rejouer. Nothing Personal, une fois encore, fait exception – je pense y rejouer très vite.


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Since I deleted the ideal game library, most of my blogposts have been about my own game designs. I’m nevertheless as curious and excited as I was of other designers games, and sometimes there’s a game I really want to talk about. And anyway, some rules are made to put emphasis on exceptions.

I’m making an exception for Tom Vasel and Steve Avery’s s Nothing Personal, a big box game about the american mafia. Tom Vasel is probably today the best known and most respected game critic. His Dice Tower videos, some reviewing new games, some discussing a game genre, are extremely popular. Even when I always prefer text reviews over videos, i sometimes watch the Dice Tower.

Given Tom’s status in the boardgaming world, Nothing Personal should have been an instant hit, or at least a much discussed design. It was not, and the main reason was probably Tom’s excessive discretion about his first published design. He rarely cited it in his videos, and some of his followers might never have heard about this game. Since Tom has been too modest, too honest, too discreet to use his boardgame guru status to promote his own design, it might be the other game designers’ duty to do it.

Tom often discusses my designs, usually to praise them. The third edition of Dragon’s Gold has just been released by IDW games, and Tom uploaded last week his third enthusiastic review of this game. He also never misses an opportunity to stress that Smiley Face is a great game which suffered from a stupid theme and ugly graphics – and I still hope a publisher will take the hint some day and offer me to reprint it with its original setting. I’ve been really enthralled by Nothing Personal, and I seize this opportunity to return the favor.

In Nothing Personal, players are the head of the US Italian mafia. The board, and the core game system, remind a bit of Urs Hostettler’s Kremlin, an obsolete game I played a lot in the late eighties, or of Elfenwizards, a great game designed and self published by Alan Moon in the times he was seeing eleven everywhere. There’s a pyramidal hierarchy chart, the capo and underboss at the head and the young and ambitious associates at the bottom. Each character, and each rank in the hierarchy, has a specific ability, like the opportunity to whack a troublesome friend, blackmailing, extra revenues or the possibility to get a friend out of jail. As a result, while the structure of the game is reminiscent of Kremlin, the game actually feels more like Cosmic Encounter. The family’s objective is to get the most respect and money, with taking control of high ranked gangsters or with moving friends up the hierarchy. One can eliminate rivals, or try to get their place, or just blackmail them. Nothing Personal is an ambitious design, and quite a long game, but it’s the kind of game I like – thematic, fluid, interactive, fun and nasty. Seizing the opportunities requires some tactical sense, knowing whom you can trust requires psychology, while getting the right cards and rolling the dice requires plain luck. A misplaced knife can ruin the best strategies, but this is also thematic.

I don’t play lots of heavy big box games these days, and when I do it’s mostly to satisfy my intellectual curiosity and find out how they work. This means I usually play them only once, but once more, Nothing Personal is going to be an exception, since I’m sure to play it again soon.

3 thoughts on “Nothing personal

  1. Intresting and nice reading. FYI Nothing Personal is Toms second game, Vicious Fishes from Nestor Games was his first.

      • I looked at your ludology and I can see that 2015-16 is looking like a very buissy time. So is it full steam ahead om games now again? If I remeber correctly you switched jobs or moved last year prompting a shorter break in new designs.

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