{"id":3175,"date":"2021-12-05T10:21:00","date_gmt":"2021-12-05T10:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/?p=3175"},"modified":"2022-03-14T08:48:24","modified_gmt":"2022-03-14T08:48:24","slug":"andre-brink-tout-au-contraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/2021\/12\/05\/andre-brink-tout-au-contraire\/","title":{"rendered":"\u2795 Andr\u00e9 Brink, Tout au contraire, 1998"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#e56c3f\"><strong>Dans <em>Tout au contraire<\/em>, le romancier sud-africain Andr\u00e9 Brink \u00e9crit le journal imaginaire d\u2019un aventurier bien r\u00e9el, \u00c9tienne Barbier, qui v\u00e9cut au Cap dans les ann\u00e9es 1730 et prit part \u00e0 quelques exp\u00e9ditions dans l\u2019int\u00e9rieur des terres<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2048\" height=\"1373\" src=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Harris-W.-Cornwallis-Portraits-of-the-Game-and-Wild-Animals-of-Southern-Africa-1840--2048x1373.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3158\" srcset=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Harris-W.-Cornwallis-Portraits-of-the-Game-and-Wild-Animals-of-Southern-Africa-1840--2048x1373.jpg 2048w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Harris-W.-Cornwallis-Portraits-of-the-Game-and-Wild-Animals-of-Southern-Africa-1840--300x201.jpg 300w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Harris-W.-Cornwallis-Portraits-of-the-Game-and-Wild-Animals-of-Southern-Africa-1840--768x515.jpg 768w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Harris-W.-Cornwallis-Portraits-of-the-Game-and-Wild-Animals-of-Southern-Africa-1840--1536x1030.jpg 1536w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Harris-W.-Cornwallis-Portraits-of-the-Game-and-Wild-Animals-of-Southern-Africa-1840--447x300.jpg 447w\" sizes=\"auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px\" \/><figcaption>Harris W. Cornwallis, <i>Portraits of the Game and Wild Animals of Southern Africa, <\/i>1840<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fee7df\">Le dimanche 10 avril, \u00e0 deux jours de marche au-del\u00e0 de l&#8217;Oliphants River, en fin d&#8217;apr\u00e8s-midi, alors que je reviens \u00e0 cheval d&#8217;une reconnaissance solitaire &#8211; on m&#8217;a envoy\u00e9 explorer les possibilit\u00e9s de trouver de l&#8217;eau et des paturages dans cette r\u00e9gion aride o\u00f9 notre exp\u00e9dition s&#8217;appr\u00eate \u00e0 entrer -, j&#8217;avance face au soleil couchant. [\u2026] &nbsp;<br \/>Et je vois la licorne. Elle appara\u00eet, h\u00e9raldique et plate devant le soleil, debout dans une attitude vigilante, la t\u00eate dress\u00e9e, plus grande que les gazelles de la r\u00e9gion, avec une forme rappelant celle du cheval, une cr\u00e9ature avec une crini\u00e8re d\u2019un blanc pur &#8211; autant qu\u2019on peut le distinguer devant le disque ardent du soleil &#8211; et sa longue corne unique se dresse comme un cimeterre sur son front.<br \/>Je descends de cheval, je charge mon fusil en prenant bien soin malgr\u00e9 mes mains tremblantes que la poudre, le plomb et la bourre sont bien enfonc\u00e9s \u00e0 leur place, je m\u2019agenouille pour appuyer le canon sur un des nombreux rochers pointus, je vise et je fais feu. Inutile de recharger : je suis assez bon tireur. En roulant doucement sur lui-m\u00eame, l\u2019animal s\u2019effondre sur place. Une seule tache rouge au-dessus de ses yeux noirs et humides, sous sa corne unique. Je m\u2019\u00e9lance vers l\u2019animal et je reste l\u00e0 longtemps stup\u00e9fait par la beaut\u00e9 de cette cr\u00e9ature. <br \/>Une \u00e9motion \u00e9trange m\u2019envahit : non pas l\u2019ivresse d\u2019avoir d\u2019un seul coup de fusil introduit une cr\u00e9ature mythique dans le domaine du possible, voire du r\u00e9el, mais la tristesse. Je me tiens sur une fronti\u00e8re solitaire, et personne ne peut dire ce qu\u2019il y a au-del\u00e0.<br \/>Cependant, je dois m&#8217;occuper de choses concr\u00e8tes. Avant la nuit, il faut que je d\u00e9pouille la licorne et que je coupe la t\u00eate pour rapporter ce troph\u00e9e, cette triste victoire, au camp qui se trouve \u00e0 une bonne heure de cheval au sud. \u00c0 ce moment-l\u00e0 seulement, quand je me retourne pour prendre mon couteau dans les fontes de ma selle, je m&#8217;aper\u00e7ois que mon cheval a d\u00e9camp\u00e9 cheval a d\u00e9camp\u00e9 et qu&#8217;on ne le voit nulle part. Je cours comme un fou dans toutes les directions, en l&#8217;appelant, en criant le plus fort que je peux, en lan\u00e7ant des pri\u00e8res et des impr\u00e9cations contre la nuit qui descend. Mais seul le silence me r\u00e9pond, et les rafales d&#8217;un vent qui vient de se lever et qui forcira tout au long de la nuit.<br \/>Je me blottis contre la licorne morte. Il n&#8217;y a pas de lune. Pourtant, au fur et \u00e0 mesure que la nuit s\u2019obscurcit une p\u00e2le luminosit\u00e9 semble \u00e9maner de ce corps magnifique. Au loin, les bruits de l&#8217;Afrique &#8211; les ricanements des chacals, les cris dune hy\u00e8ne, pouss\u00e9s comme des points d&#8217;exclamation dans le vide. Et, dans le creux le plus obscur et le plus profond de la nuit, le bruit d&#8217;un lion, pas un rugissement, seulement un grondement sourd et rythm\u00e9 qui s&#8217;\u00e9teint lentement, dispara\u00eet puis s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 nouveau, plus pr\u00e8s chaque fois, dirait-on. La terre m\u00eame semble r\u00e9percuter le bruit. Je n&#8217;ai jamais \u00e9prouv\u00e9 une telle terreur de toute ma vie; Je ne me suis jamais senti aussi totalement seul. Ce n&#8217;est pas seulement la proximit\u00e9 des pr\u00e9dateurs nocturnes qui me p\u00e9trifie \u00e0 ce point, et pourtant Dieu sait que c\u2019est d\u00e9j\u00e0 fort d\u00e9sagr\u00e9able, c&#8217;est le sentiment d\u00e9raisonnable que, d\u2019une certaine fa\u00e7on, ce n&#8217;est pas ma pr\u00e9sence ni celle de cette carcasse qui les attire, mais la nature m\u00eame de l&#8217;acte que j&#8217;ai commis.<br \/>Et je ne peux rien faire. Il n&#8217;y a pas de bois pour allumer du feu autour de moi, et de toute fa\u00e7on il fait trop sombre pour en chercher. Je ne peux m\u00eame pas prier, de peur que, si je ferme les yeux, cela ne pr\u00e9cipite ma fin. Pendant toute la nuit, je reste assis l\u00e0, en tremblant, en proie \u00e0 une terreur au-del\u00e0 de ce que l&#8217;esprit peut imaginer, abandonn\u00e9 \u00e0 tout ce qui se pr\u00e9pare \u00e0 venger le massacre de la licorne. Et pendant toute la nuit, les pr\u00e9dateurs ne cessent de r\u00f4der autour de moi, accroupi contre le cadavre de l\u2019animal fabuleux.<br \/>L&#8217;aube se l\u00e8ve enfin, envelopp\u00e9e d&#8217;une brume blanche qui vient de la mer lointaine. Les hurlements, les cris et les grondements commencent \u00e0 dispara\u00eetre. Quand il y a assez de lumi\u00e8re, je peux voir les traces qui dessinent un cercle parfait dont je suis le centre, et dont le rayon ne fait pas plus de vingt pas. La licorne g\u00eet immobile, raidie par la mort, d\u2019un blanc pur, avec la tache de la t\u00eate qui maintenant a noirci, juste en dessous de la corne unique, l\u00e0 o\u00f9 la balle l&#8217;a frapp\u00e9e. Je sais que je dois partir. Il n&#8217;y a que terreur dans ce lieu d\u00e9sol\u00e9. .<br \/>Fi\u00e9vreusement, je construis \u00e0 la h\u00e2te un tumulus de rochers au-dessus du corps pour le mettre \u00e0 l\u2019abri du soleil et des pr\u00e9dateurs qui pourraient venir et je me d\u00e9p\u00eache de rentrer au camp \u00e0 pied. Trois heures plus tard, des \u00e9claireurs me rencontrent. Je peux \u00e0 peine parler &#8211; \u00e0 cause de la fatigue \u00e9videmment, mais aussi de la peur inexprimable que l&#8217;aventure a instill\u00e9e en moi.<br \/>Ils m&#8217;offrent une gourde d&#8217;eau et un morceau de biltong, et me ram\u00e8nent, assis devant l&#8217;homme le moins lourd. Le lendemain, je conduis une exp\u00e9dition jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;endroit o\u00f9 j&#8217;ai pass\u00e9 la nuit, encore marqu\u00e9 par le tumulus. Mais aucune trace de la licorne, bien que les pierres soient toujours \u00e0 la place o\u00f9 je les ai entass\u00e9es et qu&#8217;il n&#8217;y ait aucune trace de maraudeurs.<br \/>Un groupe de Hottentots nomades peut-\u00eatre? Mais ce qui compte, c&#8217;est qu&#8217;elle n&#8217;est plus l\u00e0. Et personne ne me croira.<br \/>Sauf, je dois le noter, le joueur de tambour Nic Wijs, un artiste consomm\u00e9 avec son instrument, mais en dehors de \u00e7a un homme peu communicatif, qui pr\u00e9f\u00e8re rester seul et qui, spontan\u00e9ment, alors que les autres sont retourn\u00e9s \u00e0 leurs occupations, m&#8217;assure bri\u00e8vement, presque sur un ton bourru, qu&#8217;il sait que je dis la v\u00e9rit\u00e9. \u00ab Je peux l\u2019affirmer, dit-il, parce que moi-m\u00eame, j&#8217;ai eu quelques visions dans ce pays. \u00bb Il n&#8217;est pas pr\u00eat \u00e0 en dire plus, mais pour moi cela suffit.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"2048\" height=\"1409\" src=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Antilope-sable-Hippotragus-Niger-2048x1409.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3156\" srcset=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Antilope-sable-Hippotragus-Niger-2048x1409.jpg 2048w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Antilope-sable-Hippotragus-Niger-300x206.jpg 300w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Antilope-sable-Hippotragus-Niger-768x528.jpg 768w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Antilope-sable-Hippotragus-Niger-1536x1057.jpg 1536w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Antilope-sable-Hippotragus-Niger-436x300.jpg 436w\" sizes=\"auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px\" \/><figcaption>Une antilope sable d\u2019Afrique du sud, Hippotragus Niger, de profil. <br \/>Photo Bernard Dupont, Wikimedia Commons<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, dans les ge\u00f4les du cap, l\u2019aventurier \u00e0 la vie mouvement\u00e9e commence cependant \u00e0 douter de ses souvenirs&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#fee7df\">Je veux bien reconna\u00eetre que je me suis peut-\u00eatre tromp\u00e9 \u00e0 propos de la licorne. Le soleil se trouvait juste derri\u00e8re elle, je l\u2019avais dans les yeux quand je l\u2019ai vue pour la premi\u00e8re fois ; et quand je suis arriv\u00e9 pr\u00e8s du corps abattu, il commen\u00e7ait \u00e0 faire sombre. Et le lendemain matin, je me suis mis en route avant le lever du soleil. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre &#8211; je ne peux pas le dire avec certitude &#8211; un oryx avec une seule corne.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019original de ce r\u00e9cit n\u2019existe pas, Andr\u00e9 Brink a vraisemblablement rencontr\u00e9 l\u2019id\u00e9e de la licorne dans des lettres et r\u00e9cits de voyage \u00e9crits quelques dizaines d&#8217;ann\u00e9es plus tard et qu\u2019il a utilis\u00e9s pour construire son roman. Celui de ces textes qui eut le plus de retentissement fut \u00e9crit vers 1770 par le voyageur su\u00e9dois Anders Sparman :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#eeeaf9\">Il existe dans une plaine du pays des Hottentots-Chinois, sur la surface unie d\u2019un rocher, un dessin repr\u00e9sentant une licorne, et qu\u2019on nous peint ordinairement sous la forme d\u2019un cheval, ayant une corne au front. Quoique le dessin soit grossi\u00e8rement trac\u00e9, et tel qu\u2019on peut l\u2019attendre d\u2019un peuple sauvage et sans arts, c\u2019est le m\u00eame animal que nous appelons licorne. La personne qui m\u2019a positivement assur\u00e9 ce fait \u00e9tait un ancien voyageur, un des plus attentifs observateurs de la nature que j\u2019aie connus, le m\u00eame Jakob Kok dont j\u2019ai souvent parl\u00e9 ci-devant; et c\u2019est de lui seul que je tiens cette particularit\u00e9. Les Hottentots-Chinois lui dirent que celui qui avait trac\u00e9 cette esquisse avait voulu repr\u00e9senter un animal semblable en tout aux chevaux sur lesquels lui et sa suite \u00e9taient mont\u00e9s, except\u00e9 qu\u2019il avait une corne au front. Ils ajout\u00e8rent que cet animal \u00e9tait extr\u00eamement l\u00e9ger \u00e0 la course, m\u00e9chant et furieux, en sorte que, quand il courait apr\u00e8s eux, ils n\u2019osaient l\u2019attaquer en champ clos, ni se montrer devant lui en plaine, mais qu\u2019ils grimpaient sur quelque rocher escarp\u00e9, o\u00f9 ils faisaient quelque bruit retentissant; que l\u2019animal naturellement curieux venait au son, et qu\u2019alors ils pouvaient sans danger le tuer \u00e0 coups de fl\u00e8ches empoisonn\u00e9es<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1720\" height=\"1374\" src=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3161\" srcset=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow.jpg 1720w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow-300x240.jpg 300w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow-768x614.jpg 768w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow-1536x1227.jpg 1536w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow-376x300.jpg 376w\" sizes=\"auto, (max-width: 1720px) 100vw, 1720px\" \/><figcaption>John Barrow, <i>Travels in South Africa<\/i>, vol.1, 1801.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Une fois \u00e9limin\u00e9 tout ce qui peut \u00eatre sujet \u00e0 caution, il ne nous reste qu\u2019une antilope de profil, grossi\u00e8rement dessin\u00e9e sur un caillou. Mais Sparrman renfor\u00e7ait son argumentation par un argument qui fait aujourd&#8217;hui sourire mais pouvait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque sembler plein de bon sens \u00e0 ses lecteurs Europ\u00e9ens :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#eeeaf9\">Il ne para\u00eet pas probable que les Hottentots Chinois, barbares et grossiers comme ils sont, aient pu, par la seule force de leur imagination, se repr\u00e9senter un \u00eatre de cette esp\u00e8ce, s\u2019il n\u2019\u00e9tait que chim\u00e9rique, et surtout inventer une relation aussi circonstanci\u00e9e de la mani\u00e8re de la chasser&nbsp;. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1977\" height=\"1551\" src=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3162\" srcset=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow2.jpg 1977w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow2-300x235.jpg 300w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow2-768x603.jpg 768w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow2-1536x1205.jpg 1536w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/John-Barrow2-382x300.jpg 382w\" sizes=\"auto, (max-width: 1977px) 100vw, 1977px\" \/><figcaption><i>Dessins de licorne et d\u2019autre animaux sauvages sur les rochers<\/i>.<br \/> John Barrow, <i>Travels in South Africa,<\/i> vol.1, 1801.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-background has-small-font-size\" style=\"background-color:#eeeaf9\"><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Andr\u00e9 Sparrman, <em>Voyage au Cap de Bonne Esp\u00e9rance et autour du Monde avec le Capitaine Cook<\/em> , Paris, 1787.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans Tout au contraire, le romancier sud-africain Andr\u00e9 Brink \u00e9crit le journal imaginaire d\u2019un aventurier bien r\u00e9el, \u00c9tienne Barbier, qui v\u00e9cut au Cap dans les ann\u00e9es 1730 et prit part \u00e0 quelques exp\u00e9ditions dans l\u2019int\u00e9rieur des terres. 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