{"id":1659,"date":"2021-09-30T04:09:55","date_gmt":"2021-09-30T04:09:55","guid":{"rendered":"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/?p=1659"},"modified":"2022-03-14T08:33:22","modified_gmt":"2022-03-14T08:33:22","slug":"le-conte-du-papegaulx","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/2021\/09\/30\/le-conte-du-papegaulx\/","title":{"rendered":"\u2795 Le conte du papegaulx"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#247e38\"><strong>Qui contient les premieres aventures qui avindrent au bon roi Artus<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le conte du papegau<\/em> est un long roman arthurien tardif et un peu ironique, dont il n&#8217;existe qu&#8217;un seul manuscrit, le <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/btv1b10525310x\/\" target=\"_blank\">fran\u00e7ais 2154<\/a> de la Biblioth\u00e8que nationale, malheureusement non enlumin\u00e9 alors que certains \u00e9pisodes auraient pu donner lieu \u00e0 de jolis dessins.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Papegau <\/em>d\u00e9signe, en ancien fran\u00e7ais, notre perroquet, et le roman est ainsi nomm\u00e9 car le jeune Arthur, qui n\u2019est pas encore Roi, s\u2019y prom\u00e8ne avec sur l\u2019\u00e9paule un papegau couard, qui parfois fait passer des messages \u00e0 ses chevaliers et \u00e0 sa bien-aim\u00e9e, la Dame aux cheveux blonds. Apr\u00e8s bien des aventures, le prince d\u00e9cide de rentrer dans son royaume par la mer, mais \u00e9choue sur une \u00eele o\u00f9 il fait la connaissance d\u2019un nain et de son fils, le g\u00e9ant sans nom, qu\u2019une licorne sauvage a recueillis et nourris de son lait. Il faut dire que la b\u00eate, qui \u00e9tait \u00ab&nbsp;aussi grande comme ung grand cheval et avoit une corne enmy le front aussi tranchant comme nul rasoir du monde&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;avoit grans mamelles, XIIII, dont la maindre estoit aussi grant&nbsp; comme la mamelle d\u2019une vasche<a href=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-admin\/post.php?post=52&amp;action=edit#_ftn3\">[4]<\/a>&nbsp;\u00bb. C\u2019est d\u2019ailleurs parce qu\u2019il a t\u00e9t\u00e9, tout petit, du lait de licorne, \u00ab&nbsp;meilleur lait et le plus doulx que oncques eusse meng\u00e9&nbsp;\u00bb, que le fils du nain est devenu g\u00e9ant. Tout le monde s\u2019entend plut\u00f4t bien, et la compagnie embarque ensuite pour la Bretagne, la licorne parvenant \u00e0 surmonter sa peur de la mer. Sans aller trop loin dans l\u2019interpr\u00e9tation, on peut \u00eatre surpris de voir ici en figure maternelle, fa\u00e7on louve allaitant Romulus et Remus, une licorne qui a habituellement, dans la litt\u00e9rature m\u00e9di\u00e9vale, des caract\u00e9ristiques tr\u00e8s masculines.<br \/><br \/>Le passage ci dessous, qui conte les aventures du nain, du g\u00e9ant sans nom et de la licorne, est extrait de la traduction en fran\u00e7ais moderne par H\u00e9l\u00e8ne Charpentier et Patricia Victorin, parue en 2004. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/le-conte-du-papegaulx-1467x2048.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1657\" width=\"505\" height=\"709\"\/><figcaption>Premi\u00e8re page de l&#8217;unique manuscrit du roman.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/BN-ms-fr-189-fol-289v-Ramon-Lull-libre-de-meravelles-XVe.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1658\" width=\"169\" height=\"836\"\/><figcaption>BNF,<br \/>ms fr 189, fol 289v.<br \/><em>C&#8217;est la seule image que j&#8217;aie trouv\u00e9e avec une licorne et un papegau.<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#eefff4\">Pr\u00eatez-moi une oreille attentive, cher et doux seigneur, car je vais vous conter la chose la plus incroyable, la plus prodigieuse qui me soit arriv\u00e9e! Si un autre m&#8217;avait cont\u00e9 ce que je vais vous dire, je dois reconna\u00eetre en toute sinc\u00e9rit\u00e9 que jamais je ne l&#8217;aurais cru.<br \/><br \/>Quand ma femme fut morte et enterr\u00e9e, je pla\u00e7ai mes provisions dans ma tunique, puis j&#8217;enveloppai mon enfant de mon mieux. Et je partis en qu\u00eate, de ci de l\u00e0, dans le bois, d&#8217;un gros arbre o\u00f9 je pourrais m&#8217;abriter de la pluie et me coucher pour la nuit. Je n&#8217;imaginais pas \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu&#8217;il y e\u00fbt tant de b\u00eates f\u00e9roces sur cette \u00eele. Par bonheur, je trouvai un arbre creux, le plus grand que j&#8217;aie jamais vu: d&#8217;ailleurs, il existe toujours. La cavit\u00e9 \u00e9tait si profonde que six chevaliers auraient pu y tenir. A l&#8217;int\u00e9rieur, je d\u00e9couvris que la place \u00e9tait occup\u00e9e par les petits d&#8217;une b\u00eate sauvage; ils \u00e9taient n\u00e9s depuis peu. Chacun des petits \u00e9tait dot\u00e9 d&#8217;une petite corne pointue au milieu du front. En les voyant, j&#8217;en\u00adtrai et les examinai longuement, non sans curiosit\u00e9 et \u00e9tonnement. Finalement, je m&#8217;assis parmi eux. Cela faisait peu de temps que j&#8217;\u00e9tais l\u00e0 lorsque la m\u00e8re des petits arriva.<br \/>C&#8217;\u00e9tait une b\u00eate d&#8217;une taille extraordinaire, grande comme un che\u00adval de belle taille, et elle avait une corne plus tranchante qu&#8217;aucun rasoir au milieu du front. Elle \u00e9tait pourvue de quatorze grandes mamelles, dont la plus petite \u00e9tait de la taille d&#8217;un pis de vache. Quand elle me vit, elle me jeta un regard si f\u00e9roce que je m&#8217;enfuis \u00e9pouvant\u00e9. Dans ma pr\u00e9cipitation, mon enfant me tomba des bras et se mit \u00e0 hurler. Il \u00e9tait tout mignon, tout blond et jamais on n&#8217;avait vu plus bel enfant! La b\u00eate en eut piti\u00e9 et p\u00e9n\u00e9tra dans la cavit\u00e9. Pendant ce temps, j&#8217;observai &#8211; cach\u00e9 derri\u00e8re la racine de l&#8217;arbre &#8211; ce que la b\u00eate ferait de l&#8217;enfant. Elle prit d\u00e9licatement le nourrisson de son museau, elle rentra dans le trou, s&#8217;al\u00adlongea et fit si bien qu&#8217;il eut bient\u00f4t sa mamelle dans la bouche. Lorsqu&#8217;il per\u00e7ut la douceur de la mamelle, il se mit \u00e0 t\u00e9ter le plus naturelle\u00adment du monde. Une fois repu, il s&#8217;endormit. De mon c\u00f4t\u00e9, je n&#8217;osai ni dormir, ni bouger d&#8217;un pouce de peur que la b\u00eate ne me tue. C&#8217;est ainsi que se passa cette premi\u00e8re nuit, mon enfant endormi aupr\u00e8s des petits. Le lendemain, au matin, quand la b\u00eate alla chercher sa p\u00e2ture, je mangeai de mes provisions, car j&#8217;avais grand faim. Apr\u00e8s quoi, j&#8217;eus tr\u00e8s soif, mais je n&#8217;osai pas sortir de ma cachette pour chercher de l&#8217;eau. Je d\u00e9cidai de prendre mon enfant, et tandis que j&#8217;\u00e9tais en train de l&#8217;em\u00admailloter, la b\u00eate revint. Curieusement, elle se montra tr\u00e8s affectueuse \u00e0 mon \u00e9gard et finalement, je restai aupr\u00e8s d&#8217;elle. Apr\u00e8s avoir fait t\u00e9ter ses petits ainsi que mon fils, elle me consid\u00e9ra et me voyant tout petit &#8211; puisque je suis nain &#8211; elle crut que j&#8217;\u00e9tais encore enfant et elle me poussa \u00e0 mon tour vers une de ses mamelles encore bien pleine. Comme j&#8217;avais tr\u00e8s soif, je fis ce qu&#8217;elle attendait de moi: je bus son lait qui me parut d\u00e9licieux et le plus doux que j&#8217;aie jamais go\u00fbt\u00e9. Voil\u00e0, seigneur, la mani\u00e8re dont je vivais tant que mes provisions dur\u00e8rent. Mon enfant profitait bien de ce lait, comme on peut encore le voir aujourd&#8217;hui, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu I Quand il ne me resta plus de provisions, ce r\u00e9gime lact\u00e9 ne suffisait pas \u00e0 me donner des forces.<br \/><br \/>Or il advint un jour, j&#8217;en rends gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, qu&#8217;un grand cerf vint \u00e0 passer devant notre arbre creux. Je vous rappelle que j&#8217;avais grand faim, car le lait ne pourvoyait pas \u00e0 tous mes besoins. Et je laissai \u00e9chapper ce souhait: \u00ab Pl\u00fbt \u00e0 Dieu que je puisse manger un beau cuissot de cerf r\u00f4ti!\u00bb. Tout en disant cela, j&#8217;avais sorti ma t\u00eate hors du trou. Le cerf s&#8217;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9, en m&#8217;entendant, et me regardait. La b\u00eate qui passait par l\u00e0 pour nous prot\u00e9ger, ses enfants et moi, vit le cerf qui me regardait. Crai\u00adgnant pour notre vie, elle fon\u00e7a sur lui, furieuse, et avant m\u00eame qu&#8217;il ait pu s&#8217;en rendre compte, elle le pourfendit de sa corne. En retirant sa corne, elle le trancha net en deux morceaux. Le cerf tomba mort. Moi, j&#8217;\u00e9tais aux anges. Je jaillis du trou dont je n&#8217;\u00e9tais pas sorti depuis trois semaines. J&#8217;aper\u00e7us un morceau de bois crochu, tomb\u00e9 d&#8217;un arbre creux et je m&#8217;en emparai. Puisqu&#8217;il m&#8217;\u00e9tait impossible de le d\u00e9placer, je d\u00e9cidai de le laisser l\u00e0 et de creuser une fosse au-dessous de lui. En creusant, une source d&#8217;eau jaillit que je d\u00e9viai pour nettoyer mon morceau de bois. Puis je versai de l&#8217;eau et je fis du feu gr\u00e2ce \u00e0 ma pierre \u00e0 fusil. Apr\u00e8s quoi, je suis all\u00e9 chercher du sable de la mer, car il \u00e9tait sal\u00e9, et je l&#8217;y m\u00e9langeai.<br \/><br \/>La b\u00eate veillait sur moi, suivant mes moindres faits et gestes, pour me prot\u00e9ger des b\u00eates sauvages, tant elle m&#8217;aimait. D&#8217;ailleurs elle continue de passer une \u00e0 deux fois par jour devant cette tour.<br \/>Au bout d&#8217;un an, la b\u00eate n&#8217;eut plus de lait et je donnai de la viande \u00e0 manger \u00e0 mon enfant, comme pour moi. J&#8217;avais si bien apprivois\u00e9 cette b\u00eate qu&#8217;elle faisait tout ce que je lui demandais, car elle m&#8217;aimait comme une m\u00e8re aime ses enfants. Elle tuait nombre de cerfs, d&#8217;ours et autres, pour que mon fils et moi puissions manger. Voil\u00e0 la vie que j&#8217;ai men\u00e9e pendant vingt ans, sans trouver aucune issue \u00e0 cette \u00eele, \u00e0 part la mer.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1827\" height=\"1878\" src=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Arthur-05-BN-ms-fr-96-Lancelot-Graal.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3067\" srcset=\"https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Arthur-05-BN-ms-fr-96-Lancelot-Graal.jpg 1827w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Arthur-05-BN-ms-fr-96-Lancelot-Graal-292x300.jpg 292w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Arthur-05-BN-ms-fr-96-Lancelot-Graal-768x789.jpg 768w, https:\/\/faidutti.com\/blog\/licornes\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2021\/05\/Arthur-05-BN-ms-fr-96-Lancelot-Graal-1494x1536.jpg 1494w\" sizes=\"auto, (max-width: 1827px) 100vw, 1827px\" \/><figcaption><em>L\u2019ermite Nascien \u00e0 l\u2019\u00eele Torn\u00e9ant<\/em>,  Miniature du ma\u00eetre d\u2019Ad\u00e9la\u00efde de Savoie, <em>Lancelot-Graal<\/em>, XVe si\u00e8cle.  Deux licornes sont repr\u00e9sent\u00e9es parmi les animaux sauvages. <br \/><span style=\"color:#9e9e9e\" class=\"tadv-color\">Biblioth\u00e8que Nationale, ms fr 96 fol 23v <\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#eefff4\">[\u2026]<br \/><br \/>Alors G\u00e9ant sans Nom d\u00e9vora une bonne moiti\u00e9 de cerf et but de l&#8217;eau. Ce n&#8217;\u00e9tait pas \u00e9tonnant qu&#8217;il mange autant pour un homme de sa taille qui ne faisait qu&#8217;un seul repas. Il ne mangeait pas de pain ni d&#8217;autres plats et ne buvait pas de vin. Le roi ne put avaler une bouch\u00e9e, tant il \u00e9tait impressionn\u00e9 par le g\u00e9ant. Quant au nain, il mangea tr\u00e8s peu, en raison de sa joie. Apr\u00e8s le repas, le nain ordonna \u00e0 son fils de s&#8217;incliner devant le roi Arthur et d&#8217;implorer sa gr\u00e2ce pour qu&#8217;il le respecte davantage. Il rendit hommage au roi, l&#8217;embrassa et promit solennelle\u00adment de lui \u00eatre enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9. Enfin, ils mirent au point leur projet, se couch\u00e8rent et dormirent jusqu&#8217;au matin. Ils se lev\u00e8rent tous trois avec le jour. Le roi monta sur son destrier et pla\u00e7a le nain devant lui; quant au g\u00e9ant, il marchait, sa massue dans la main et son bagage pendu au cou. Tandis qu&#8217;ils se dirigeaient vers Je navire, ils virent venir la licorne&#8217; qui avait allait\u00e9 le g\u00e9ant, car comme tous les jours, elle voulait voir celui qu&#8217;elle consid\u00e9rait comme son fils. Elle passait plus volontiers le matin, car elle avait davantage de chances de le trouver. Elle embo\u00eeta le pas du g\u00e9ant pour lui venir en aide si besoin \u00e9tait, tant elle l\u2019aimait profond\u00e9ment.<br \/><br \/>C&#8217;est ainsi que le Chevalier au Papegau s&#8217;en retourna vers son navire, avec son escorte form\u00e9e par un nain sur son ar\u00e7on, et suivi de G\u00e9ant sans Nom et de la licorne. Quand ils arriv\u00e8rent, les marins ne savaient s&#8217;ils devaient se r\u00e9jouir ou s&#8217;enfuir. Ils \u00e9prouvaient de la joie parce que leur seigneur \u00e9tait de retour, et de la terreur \u00e0 cause du g\u00e9ant et de la licorne. Quand le Chevalier au Papegau leur eut tout expliqu\u00e9, ils prirent des cordes, les jet\u00e8rent hors du navire; puis ils les attach\u00e8rent au m\u00e2t et \u00e0 la coque. Le g\u00e9ant s&#8217;empara d&#8217;une des extr\u00e9mit\u00e9s de la corde et l&#8217;attacha autour du poitrail de la licorne, et l&#8217;autre bout, il se l&#8217;attacha autour des \u00e9paules. Ce faisant, il avait toujours sa massue \u00e0 la main. Le nain et le Chevalier au Papegau embarqu\u00e8rent. \u00c0 quoi bon allonger encore mon r\u00e9cit? Le g\u00e9ant et la licorne tir\u00e8rent le navire, avec l&#8217;aide des marins, et parvinrent \u00e0 le remettre \u00e0 l&#8217;eau. Alors, le g\u00e9ant monta sur le navire, aussit\u00f4t suivi par la licorne, qui ne pouvait se s\u00e9parer de lui. Ils ram\u00e8rent ensuite de toutes leurs forces pour d\u00e9passer le fleuve qui s&#8217;\u00e9tendait sur plus de quatre miles. L&#8217;eau \u00e9tait effroyablement profonde. Quand ils eurent travers\u00e9 ce passage p\u00e9rilleux, ils d\u00e9couvrirent une tr\u00e8s belle contr\u00e9e. Le Chevalier au Papegau reconnut \u00eatre d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 l\u00e0; ils d\u00e9barqu\u00e8rent, chevauch\u00e8rent un peu et parvinrent \u00e0 I&#8217; Amoureuse Cit\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 vivait la Dame aux Cheveux Blonds. Ils continu\u00e8rent jusqu&#8217;au palais. La Dame aux Cheveux Blonds leur r\u00e9serva un accueil somptueux. Sans perdre de temps, le Chevalier au Papegau d\u00e9p\u00eacha un messager au ch\u00e2teau de Causuel, pour faire savoir \u00e0 Lion sans Merci que le roi Arthur lui demandait d&#8217;honorer sa promesse. Il devait, comme convenu et s&#8217;il tenait \u00e0 son honneur, se trouver \u00e0 Windsor, avec ses chevaliers, le jour de la Pentec\u00f4te, o\u00f9 le roi assemblerait sa cour. Le messager rapporta sa r\u00e9ponse: Lion sans Merci s&#8217;y conformerait volontiers. Il fut temps d&#8217;aller au lit, ce que chacun fit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qui contient les premieres aventures qui avindrent au bon roi Artus. 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