Éléphants de guerre, éléphants de course
War elephants, race elephants

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Les jeux ne sont pas, ou très rarement, des simulations. Ils fonctionnent cependant presque toujours à l’aide de métaphores assez simples qui permettent de faire le lien entre thème et mécanismes. Les plus fréquentes, mais pas les seules, sont celles de la guerre et de la course. Une partie de go ou d’échecs sera décrite en termes militaires, un jeu de pli sera vécu comme une succession de batailles – et le plus simple d’entre eux en tire d’ailleurs son nom. Le jeu de l’oie est décrit comme une course, et les deux métaphores peuvent se mêler au backgammon, tout à la fois course et bataille.
Les choses sont un peu plus complexes dans les jeux de société modernes. On peut notamment repérer au moins une nouvelle métaphore majeure, celle de la croissance, du développement, de la construction, illustrée notamment par les colons de Catan ou les Aventuriers du rail. Les jeux décrits comme un affrontement, qui sont loin d’avoir tous des thèmes guerriers, restent très nombreux. Les jeux de course sont en revanche passés de mode, et sont parfois traités avec condescendance, comme s’ils étaient réservés aux enfants.

Je le regrette. Mes raisons ne sont pas politiques. J’ai pratiqué suffisamment de jeux ouvertement guerriers, avec des dragons mais aussi avec des tanks et des avions, pour savoir que la métaphore, même appuyée, n’est en elle-même ni coupable, ni dangereuse.  La raison est technique : la course permet de créer entre les joueurs une tension et une compétition assez différentes de celle que créent les jeux d’affrontement direct. On ne se bat plus contre l’autre, on essaie d’aller plus vite, de passer devant. Cela ne signifie absolument pas l’absence d’interaction; on peut faire la course en se tirant dans les pattes ou, pour ceux qui trouvent l’expression un peu violente, en se mettant des batons dans les roues. Mes jeux de course préférés, comme Ave Cesar, ou La Poursuite en Ballon, sont d’ailleurs des jeux assez méchants, et il en va de même de mes créations – China Moon où l’on peut déplacer les grenouilles adverses, Pony Express où l’on peut bluffer sur son jet de dés, Lost Temple avec ses personnages inspirés de Citadelles. Dans Formula E, tous les joueurs peuvent déplacer les vaches sacrées pour bloquer le passage des éléphants, et les pachydermes n’hésitent pas à se pousser et se bousculer.

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Si Formula D était un jeu de courses de voiture, Formula E est donc un jeu de courses d’éléphants. Pas de dés, tout se passe avec des cartes, permettant de faire avancer ses éléphants plus ou moins vite, mais aussi de déplacer les vaches sacrées, de faire intervenir une souris pour effrayer un éléphant adverse. Il y a aussi des cartes Sadhu, tigre, charmeur de serpent et même tapis volant, chacun permettant quelques entourloupes et déplacements imprévus. C’est ce que l’on appelle généralement un jeu « familial » – expression de plus en plus inadaptée puisque les jeux « familiaux » sont le plus souvent joués entre amis -, un jeu aux règles simples, très dynamique, mêlant chance et tactique.

Puisque c’est un jeu « familial », il ne supporte pas l’alcool, et l’éditeur a transformé la carte alcool de mangue – je ne sais même pas si l’alcool de mangue existe réellement – en un plus politiquement correct jus de mangue. Qu’importe, les joueurs ne se feront sans doute guère d’illusions quand ils verront leurs éléphants avancer en diagonale. De même, l’éditeur, Clever Mojo, a trouvé un peu trop méchant pour un contexte « familial » l’effet original du serpent, qui faisait diminuer de 1 le nombre de cartes piochées par un joueur à la fin du tour, et l’a modifié pour qu’il fasse défausser une carte après avoir pioché, ce qui est parfois avantageux. Je continuerai sans doute à jouer avec notre méchante règle d’origine.

Mais ce sont là des détails, car l’éditeur, en la personne de David MacKenzie, a fait sur ce jeu du très beau boulot. Il nous a largement guidés, Sergio, André et moi, dans la conception d’une extension dont je n’étais pas vraiment convaincu de l’utilité, et qui finalement, avec ses pistes boueuses et ses manguiers, renouvelle vraiment le jeu et s’avère très agréable. Les illustrations de Jaqui Davis, tout en pastels chauds et vifs, sont parfaitement dans l’esprit du jeu – notamment les éléphants peinturlurés de la couverture. Bref, ce jeu a mis bien du temps à venir, mais je suis très content du résultat.

Formula E, que j’ai conçu avec les auteurs brésiliens André Zatz et Sergio Halaban, est publié par Clever Mojo / Game Salute, un petit éditeur américain aux tirages modestes, et pas toujours bien distribué, et vous ne le trouverez donc peut-être pas dans votre boutique préférée – mais vous pouvez sans doute lui demander de se le procurer. Aux États-Unis, vous pouvez commander le jeu directement auprès de l’éditeur.

Formula E
Un jeu de Sergio Halaban, André Zatz et Bruno Faidutti
Illustrations de Jacqui Davis
3 à 6 joueurs – 60 minutes
Publié par Game Salute
Tric Trac      Boardgamegeek


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Boardgames are usually not simulations, but the almost always use strong (and rough) metaphors which link the theme and the mechanisms. War and race are the most frequently used metaphors, though not the only ones by far. A game of chess or go is always described in military terms, while a trick taking game is seen as a succession of battles – and the simplest one is the game of war. Snakes and Ladders and the game of Goose are described as races, while Backgammon managesd to be both a race and a war.
Things are slightly more complex with modern boardgames. There’s at least one more major metaphor, that of growth, development, building, exemplified by Settlers of Catan or Ticket to Ride. Games described as a confrontation, a war – most of which are not about war – are still numerous, but racing games seem to be out of fashion, and are usually treated with some condescension by so-called « hardcore gamers », as if they were necessarily childish – and they are not.

It’s a shame. Not for political reasons – I’ve played enough war games, mostly with dragons but sometimes with tanks, to know that the metaphor, even when a bit heavy, is in most cases innocent and harmless – but for technical reasons. RacePlayers do not fight one against the other, they try to go faster, to overtake one another. This doesn’t mean there’s no interaction – players can also block or hinder one one another. We have two French proverbial expressions to express this idea, I don’t know if they work in English or have some English equivalent – to shoot in each other’s legs, and to put sticks in each other’s wheels. My favorite race games, Ave Caesar and The Great Balloon Race, are quite nasty, and so are my own designs. In China Moon, one can move opponents’ frogs; in Pony Express, one can bluff his dice roll; the characters in Lost Temple have the same kind of interaction as the ones in Citadels. In the last one, Formula E, all players can move holy cows to block the other players, and pachyderms jostle and push one another.

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Formula D was a car racing game, Formula E is an elephant racing one. No dice, the game is played with cards with various effects. Some move one’s elephant forward, slower or faster, but some can move these pesky holy cows, or call a mouse to frighten the pachyderm. There are even Sadhu, snake charmer or flying carpet cards, allowing for some unexpected moves and nasty tricks. Formula E is what is often called a « family » game – a increasingly wrongly named category since these games are more and more played among friends. This means a light and dynamic game, with simple rules, and with an even mix of luck and tactics.

Since it’s a family game, it’s also a dry one, and the publisher changed the mango spirit card into mango juice. Anyway, the players won’t be fooled when their elephants will start moving diagonally. For similar reasons, the Clever Mojo guys also thought that the original effect of the snake, which reduced by one the number of cards drawn at the end of one’s turn, was too nasty and changed its effect for something much lighter. Now, it only make its target to discard a card after having drawn, which is sometimes a good thing. I’ll probably keep on playing our original evil rule.

These are really small details, and the publisher – namely David MacKenzie – made a great job with developping the game. He coached André, Sergio and me in designing the expansion track. I was skeptical about . And Jaqui Davis pictures, especially the cover art with these painted elephants. It took some time, more than we have wished for, but the result looks beautiful.

Formula E, a game I’ve designed with Brzailian authors André Zatz and Sergio Halaban, is published by Clever Mojo / Game Salute, a small US publisher, with low print runs and not the largest distribution, so you might not find it in your favorite shop. You can always order it directly from the publisher.

Formula E
A game by Sergio Halaban, André Zatz & Bruno Faidutti
Graphics byJacqui Davis
3 to 6 players – 60 minutes
Published by Game Salute
Boardgamegeek

Il y a aussi des éléphants de transport commercial. There are also freight elephants.

Il y a aussi des éléphants de transport commercial.
There are also freight elephants.

Formula C vs Elephant Cup

Quelques jours avant mes boites de Formula E, j’ai acheté Camel Cup. Tous deux sont des jeux de course simples et rapides, mais ils n’ont pour le reste pas grand chose à voir. Camel Cup, auquel je n’ai pas encore joué mais qui a l’air bien amusant, est un jeu de pari dans lequel on ne sait pas très bien qui a misé sur quel chameau – un genre que j’ai toujours apprécié, dans la lignée de Jockey, La Course des Tortues ou La Poursuite en Ballon; Formula E est un jeu de course où chaque joueur pilote un éléphant, plus dans la lignée d’Ave Cesar. Les chameaux de Camel Cup se montent dessus, les éléphants de Formula E se contentent de se bousculer.

Il n’empêche qu’il y a a, dans le titre et le traitement graphique, un esprit commun ! On pourrait avoir Formula C et Elephant Cup – C’était dans l’air…

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A few days before I got my advance copies of Formula E, I bought a copy of Camel Cup. Both are light and fast paced race games, but they have nothing in common in their mechanisms. Camel Cup looks great from reading the rules but I have not played it yet. It is a betting game in which one doesn’t know what camel the other players have bet on, a genre I always liked, in the line of Jockey, The Great Balloon race or Ribbit. Formula E is a more classical race game, in which every player controls an elephant, more in the line of Ave Caesar. Camels in Camel Cup can be stacked one on top of another, while Elephants in Formula E can push one another.

Anyway, the puns in the game names and the graphic styles feel a bit similar. They could have been names Formula C and Elephant Cup! Fun coincidence.

Des éléphants à Paris
Elephants in Paris

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Le zoo de Vincennes rouvre cette semaine, et je viens de recevoir mes premières copies de Formula E, un jeu de course d’éléphant léger (si, si, c’est léger ces petites bêtes), rapide et dynamique conçu avec les sympathiques auteurs brésiliens André Zatz et Sergio Halaban, et publié par Game Salute. Les illustrations de Jacqui Davis sont magnifiques, pleines de couleurs et de gaîté – j’ai rarement eu un jeu avec autant de jaune, de rose, de vert, de bleu… Les petits animaux de bois – éléphants, vaches, cobras et minuscule souris – sont adorables. J’espère bientôt faire une vraie partie avec!

Les souscripteurs devraient recevoir leurs boites dans quelques semaines, et le jeu se retrouvera ensuite en boutiques – mais le premier tirage étant modeste, je ne sais pas s’il sera distribué partout, et j’espère qu’il se vendra assez vite pour que l’on en réimprime rapidement.

Merci à tous – Sergio, André, Jacqui, et David – cela méritait d’attendre.

Bon, un tout petit oubli quand même – on n’a pas indiqué sur les plateaux de jeu lesquels étaient plutôt pour 3 ou 4 joueurs, lesquels plutôt pour 5 ou 6. Les parcours plus courts, dans la plaine et la cité, sont donc pour 3 ou 4 joueurs, et les plus longs, dans la montagne et autour du palais, pour 5 ou 6. Quand quelque chose est faux, on peut toujours trouver un responsable, mais quand quelque chose a été oublié, tous ceux qui ont vu passé les fichiers sont un peu responsables.

Formula E
Un jeu de Sergio Halaban, André Zatz et Bruno Faidutti
Illustrations de Jacqui Davis
3 à 6 joueurs – 60 minutes
Publié par Game Salute
Tric Trac      Boardgamegeek


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Paris zoo reopens this week, after a six years closure, and I just received a few advanced copies of Formula E. Formula E is an elephant racing game, light and fast paced (if elephants can be termed light and fast paced) designed with brazilian authors André Zatz and Sergio Halaban, and published by Game Salute. Jacqui Davis’ graphics are gorgeous, light, colored, playful. I’ve never had a game with so much yellow, pink, green, blue, purple… The wooden elephants, cows, boas and tiny mouse are cute. I hope to play a real game with it soon.

Subscibers on Kickstarter ought to receive their copies in a few weeks, and soon after the game will hit the shop shelves – however, since the first print run is quite low, I’m not sure it will be everywhere, and I bet it won’t last very long.

Thanks to all – Sergio, André, David – it was worth the wait.

Oooops ! We just forgot to label the boards to indicate which ones are for 3-4 players and which ones for 5-6. The shorter tracks, iplain and city, are for 3-4 players, and the longer ones, mountain and palace, for 5-6

Formula E
A game by Sergio Halaban, André Zatz & Bruno Faidutti
Graphics byJacqui Davis
3 to 6 players – 60 minutes
Published by Game Salute
Boardgamegeek

Those pesky cows!

Those pesky cows!

Les quatre circuits de Formula E
The four Formula E race tracks

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Voila, j’ai maintenant les images des quatre circuits de Formula E, dessinés par la talentueuse Jacqui Davis. Pour les deux circuits d’origine, l’éditeur avait demandé à l’illustratrice de représenter des paysages de jungle et de montagne.
Pour les deux circuits supplémentaires, en principe réservés à ceux qui ont souscrits pour cela sur Kickstarter, il fallait faire autre chose, et on a opté pour des paysages plus urbains. Nous avons donc une ville animée et bariolée sur le plateau pour 3 et 4 joueurs, et le Taj Mahal, rien de moins, sur celui pour 5 ou 6 joueurs. Mes préférés ? je crois que ce sont la montagne, avec le temple, et la cité multicolore.
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Pour ces deux nouveaux plateaux, il fallait aussi imaginer de nouvelles règles. Il y a donc de nouvelles cases sur la plateau de jeu. Les manguiers permettent deux points de déplacement supplémentaires, y compris en diagonale. Les cabanes permettent de piocher une carte pour l’utiliser immédiatement si cela est possible. Les abords de la rivière ralentissent les éléphants, qui piétinent un peu dans la boue. Tout cela rend le jeu plus varié, plus dynamique, et parfois plus méchant. Bien sûr, les bananiers qui font piocher des cartes en plus, sont toujours là.

Le site de l’illustratrice, Jacqui Davis


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I now have final pictures of the four tracks for Formula E, illustrated by the talented Jacqui Davis. The two original tracks, that will be in the basic box, were in forest and mountains. For the two new tracks aimed at those who pladged for them on Kickstarter, the publisher asked her for more urban settings. So we have a 3-4 players track in a bustling and colorful city, and a 5-6 players one around the Taj Mahal. May favorites are probably the original montain board, and the expansion city one.
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For these new boards, Sergio, André and I were asked to devise some new rules. So there are Mango trees, giving two extra movement points, including diagonally, there are market stalls allowing one to draw a card and use it at once if possible, and there are muddy riverbanks, making the movement of heavy elephants much slower. All this makes the game more varied, and sometimes nastier. Of course, banana trees are still there.

Jacqui Davis’ blog and portfolio

Le plateau de l'extension de Formula E - et plein de boites de proto au premier plan. Playtesting the Formula E expansion board, with dozens of prototype boxes in the foreground.

un test de l’extension de Formula E – avec plein de boites de proto au premier plan – à Ludinord.
Playtesting the Formula E expansion board, with dozens of prototype boxes in the foreground, at the Ludinord game fair.

Sur l’argent et les éléphants
Money and elephants

Bon, le financement nécessaire pour Formula E a finalement été réuni, de justesse. Je suis soulagé, et je garde un souvenir plutôt désagréable de l’expérience. J’étais très favorable aux systèmes de financement communautaire de type Kickstarter ou Ulule tant que je n’avais été que souscripteur, celui qui soutient un projet, avec le sentiment de participer à quelque chose d’utile ou d’intéressant, ou simplement de donner un coup de pouce à des amis. Je suis plus nuancé désormais car, après avoir vécu l’expérience de l’autre côté, je dois avouer l’avoir trouvée un peu frustrante et humiliante.

Frustrante, car je me suis jusqu’au bout demandé si nous réunirions les fonds souhaités, et car j’avoue être un peu dépité de voir qu’André, Sergio et moi ne sommes parvenus réussi à réunir sur nos noms, donc sur la confiance qu’ils nous font, qu’à peine 400 joueurs. Humiliante, car cela m’a amené à mettre en avant systématiquement sur mon site, et sur Facebook, les aspects financiers de la production d’un jeu, à demander aux visiteurs de participer, et que cela n’était pas très agréable. Certes, j’ai toujours un peu utilisé mon site pour faire la promotion de mes jeux, pour encourager les gens à les acheter, mais c’était moins direct, plus subtil, j’aurais presque envie de dire moins obscène.

Ça ne veut pas dire que je n’aurai pas d’autres jeux sur Kickstarter – la décision dépend finalement de l’éditeur, non de moi, et je vois très bien les avantages qu’il y trouve, notamment l’assurance d’un minimum de ventes, un financement bon marché, et la création autour du jeu d’une sorte de communauté qui peut être très sympathique. Sans doute, si j’ai d’autres projets Kickstarter dans l’avenir, prendrai-je cela avec plus de distance. Il n’empêche que, dans l’immédiat, je suis content que ce soit fini, et j’ai presque envie de m’excuser auprès de tous ceux qui ont visité mon site web ces dernières semaines, ou m’ont suivi sur Facebook, et ont eu l’impression que j’insistais un peu lourdement sur des questions d’argent.

En attendant, il va falloir se mettre au boulot sur les nouveaux plateaux de Formula E, puisque c’est ce que nous avons promis. J’avoue que j’aurais préféré les petits autocollants, mais je viens de recevoir un email de Sergio avec bien des idées de parcours intéressantes. Et ça, ça promet d’être plus amusant.

Formula E

It was tight, but we finally got from gamers all the funding we asked for the printing Formula E. I feel a bit relieved, but I will also keep some bad memories of it. I was all for crowdfunding and subscription systems like Kickstarter and Ulule as long as my only experience of it was as a pledger, as someone who brings some money to an exciting or morally satisfying project, or only to help some friends. I am more balanced now that I have seen it from the other side, because the experience was frustrating, and may be even humiliating.

It was frustrating because, until the very end, i was not sure we will make it – or rather you will make it – and because I’m a bit disappointed that Andre, Sergio and I had found only 400 gamers to trust our word on a game. It was humiliating because I posted several times on my blog and on facebook about money, about the financial aspects of producing a game, blatantly asking for support. Of course, I’ve always used my website to promote my games, to suggest that people buy them, but it was less direct, more subtle. The directness of crowdfunding sometimes feels almost obscene.

This doesn’t mean I won’t have other games on Ulule or Kickstarter. After all, it’s the publisher’s choice, not mine, and it is very interesting for him – he is sure to sell a certain number of games, gets cheap funding and creates a kind of loose support community around the game. If I have other future Kickstarter projects, I’ll try to keep more cool about it, but the system is not really designed to keep one cool. At the moment, I’m glad it’s over, and I’d like to apologize to all those who visited my websites these last weeks, or followed me on Facebook, and could find me a bit insisting on money issues.

Now, let’s go back to the new boards, since this is what we promised. On the one hand, I would have preferred the little stickers, because it’s less work, but also because I like to keep games simple, but on the other hand, I just received an email from Sergio with interesting ideas for new race tracks. This will be more fun.

Formula E

Assez régulièrement, je reçois des emails dans lesquels des auteurs de jeux connus ou inconnus me proposent de travailler avec eux sur un projet de jeu, souvent déjà assez avancé. Lorsqu’il y a des zombies ou quinze pages de règles, je réponds poliment que désolé, ce n’est pas mon style, mais bonne chance quand même. Dans les autres cas, je jette un coup d’œil avant, le plus souvent, de répondre poliment que, désolé, ça a l’air bien intéressant mais je n’ai vraiment pas le temps de me lancer dans un nouveau projet – mais bonne chance quand même. Et puis, une ou deux fois par an, quand aussi bien le sujet que les mécanismes m’amusent, quand j’ai le temps, et quand les auteurs ont l’air sympas, je réponds pourquoi pas.

Début 2011, j’ai ainsi reçu une proposition d’André Zatz et Sergio Halaban, auteurs brésiliens de deux petits jeux de bluff que j’apprécie beaucoup, Hart an der Grenze et Sultan. Ils y présentaient Indian Derby, un jeu de course d’éléphant qu’ils avaient réalisé quelques années auparavant, qui avait manqué de peu être publié par plusieurs éditeurs, et auquel ils pensaient qu’un regard neuf pourrait apporter un plus. Le jeu m’a tout de suite plu. Le thème, une course d’éléphant, était original et amusant, et permettait d’introduire des mécanismes de poussée inhabituels dans les jeux de parcours. Le moteur du jeu, des cartes de déplacement et des cartes action, me convenait très bien. Bref, nous avons quelque peu discuté, et nous sommes penchés ensemble – via email, parce que le Brésil, c’est un peu loin – sur un jeu que je voulais rendre plus léger, plus rapide, plus méchant. Après avoir unifié le système de gestion des cartes action et mouvement, simplifié les bousculades, ajouté quelques actions thématiques et amusantes, nous nous retrouvâmes quelques mois plus tard avec un jeu de course tactique et très enlevé, un peu dans l’esprit d’Ave Cesar, des bousculades, mais aussi des vaches sacrées, des tapis volants, des tigres et des charmeurs de serpents.

Le prototype d’Indian Derby commença alors à faire le tour des éditeurs et, assez rapidement, élit domicile chez Clever Mojo, l’éditeur de l’excellent Alien Frontiers. David MacKenzie eut l’idée amusante d’appeler le jeu Formula E. Mes amis d’Asmodée, l’éditeur de Formula D, acceptèrent bien volontiers à condition que le clin d’œil ne tourne pas à la confusion. Je pense qu’avec deux gros éléphants sur la boite, il n’y aura pas de problèmes.

Comme ce fut la cas pour Alien Frontiers, et pour tous les jeux de Clever Mojo, Formula E est financé par crowdfunding. Cela permet tout à la fois d’éviter les coûteux financements bancaires, et de faire le tri entre les projets qui laissent les joueurs indifférents et ceux qui les excitent vraiment. J’espère donc que vous serez nombreux à vouloir charger à dos d’éléphant, vous enivrer de jus de mangue, bousculer des vaches sacrées et soutenir Formula E en participant au financement de son édition sur Kickstarter.

Vous pouvez visiter la page de présentation du jeu sur gamesalute.com et vous inscrire à la mailing list pour être prévenu dès que Formula E sera lancé sur Kickstarter, le 31 décembre 2012. Le jeu est illustré par Jacqui Davis.

Formula E
Un jeu de Sergio Halaban, André Zatz et Bruno Faidutti
Illustrations de Jacqui Davis
3 à 6 joueurs – 60 minutes
Publié par Game Salute
Tric Trac      Boardgamegeek


I regularly receive emails from both well known and completely unknown game designers asking me if I would like to work with them on some design, usually already well advanced. When it’s about zombies, or has fifteen or more pages of rules, I answer that I’m sorry, that’s not really my kind of game, but good luck anyway. In all other cases, I have a look and usually answer that I’m sorry, I’m already overbooked and wouldn’t find the time to start a new project, but good luck anyway. Once or twice every year, when both the setting and the game systems sound exciting, when I have time, and when the authors seem to be nice guys, I answer why not, let’s discuss the game.

Early in 2011, I got an email from André Zatz and Sergio Halaban, the Brazilian authors of two light double-guessing games I really like, Hart and der Grenze and Sultan. The subject of their email, Indian Derby was an elephant racing game they had designed a few years ago, which had raised some interest from several publishers but ultimately hadn’t been selected for publication. They wanted to rework it, and were thinking that a fresh look by a designer who wasn’t involved in the original design, could help.  I liked the game idea at once. The storyline, an Indian elephant race game, was new, and allowed for rules about pushing–something unusual in a racing game, and for fun thematic events. I had long wanted to design a card driven race game, so this was a good opportunity to jump in. We discussed the game and worked together via email–since Brazil is far from France–on new rules and events to make the game lighter, faster and nastier. We simplified the card management system and the jostling rules, we added some event cards, and we ended with a very dynamic and tactical racing game, in the style of Ave Caesar (one of my all-time favorites), but with lots of jostling and crushing, and also holy cows, flying carpets, snake charmers, monkeys and tigers.

The new version of Indian Derby was shown to several publishers and, very soon, Clever Mojo Games, the publisher of Alien Frontiers, decided to do it. David MacKenzie had the fun idea to name the game Formula E. I asked my friends at Asmodée, the publisher of Formula D, and they gracefully accepted as long as the pun doesn’t lead to confusion. With two large elephants on the box, I think there’s no great risk.

Like Alien Frontiers and other Clever Mojo titles, Formula E’s first print run will be financed via crowdfunding on Kickstarter. That’s a clever way of avoiding loan fees, and of letting gamers show exactly what games they’re most interested in playing. I hope Formula E will spark your interest and that you’ll all want to get drunk with mango juice, charge on elephant back, knock over holy cows and support Formula E on Kickstarter.

You can visit the pre-launch page at gamesalute.com and join the email list to be notified when Formula E is posted on Kickstarter on December 31, 2012. Game’s art by Jacqui Davis.

Formula E
A game by Sergio Halaban, André Zatz & Bruno Faidutti
Graphics byJacqui Davis
3 to 6 players – 60 minutes
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