Bref compte rendu de trois jours à cannes
Brief report of three days in Cannes

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Je rentre du festival de jeu de Cannes, après trois jours bien remplis. Cannes devient vraiment le grand festival français du jeu de société, les exposants sont de plus en plus nombreux, et dans la foule du samedi, on se croirait presque à Essen.

J’ai vu les premiers dessins de la future extension de Mascarade, j’ai enfin fait la connaissance de l’illustrateur Jeremy Masson. On s’est à peu près mis d’accord avec les belges sur le choix des personnages, mais on cherche toujours un titre.

J’ai signé pour trois petits jeux de cartes chez Sweet November, la nouvelle boite de Didier Jacobée, ancien de Tilsit ; le tout premier, illustré par mon ami David Cochard, devrai sortir à la fin de l’année.

J’avais amené quelques prototypes, mais je n’y ai pas vraiment joué, préférant essayer ceux de mes amis et même parfois de gens dont j’ai appris ensuite qu’ils étaient censés être mes ennemis. J’ai discuté de sujets aussi passionnants que la pertinence de la théorie du discours de Foucault et du postcolonialisme d’Edward Saïd pour l’analyse des jeux de société (si, si!). Je me suis promené un peu sur la Croisette et en ville, ce qui m’a donné l’occasion de me faire accoster par des prostituées en voiture – j’avais toujours cru qu’elles étaient à pied et que c’était les clients potentiels qui étaient en voiture, mais il semble que ce soit l’inverse à Cannes.

J’ai joué à quelques très bons jeux. Zébulon est un drôle de petit jeu de mots et de lettres.  Medieval Academy, joliment illustré par mon ami Pierô, est un jeu de draft léger et amusant. Sold Out est un jeu de rapidité sur le thème des soldes. Doodle Quest est un jeu de dessin de Laurent Escoffier (comment fait-il celui là pour avoir toujours des idées aussi simples et originales ?). La Nuit du Grand Poulpe me réconcilierait presque avec l’ennuyeux Lovecraft, et en tout cas le rend presque amusant. Le futur jeu de pirates des Space Cowboys, qui change de titre régulièrement rappelle, en bien plus dynamique et agressif, certains bons vieux jeux des années soixante-dix. Et puis, ce n’est pas vraiment une nouveauté, mais j’ai encore ri en jouant à Panic Cafard et à Vite, Cachons Nous ! qui ne sont pas que pour les enfants.

Je peux même conseiller quelques jeux auxquels je n’ai pas joué mais que j’ai regardé avec attention, ou dont j’ai entendu suffisamment d’échos concordants en provenance de personnes de confiance. Le futur gros jeu de Bruno Cathala chez Days of Wonder a encore quelques petits problèmes de thème, puisqu’on y sème des pyramides et des chameaux qui poussent sans même qu’on les arrose, mais le jeu est tellement malin et profond qu’on oublie vite ces détails, qui de toute façon vont être réglés. Braverats est un jeu minimaliste japonais déguisé en écossais, mais les japonais font aussi du très bon whisky. Elemon, publié par des inconnus, semble avoir été la surprise du salon, un jeu de jeu parcours assez méchant, au thème bizarre et aux illustrations adorables. Sur Splendor, les avis sont partagés – il y a ceux qui trouvent que c’est vachement bien mais pas vraiment original, et ceux qui trouvent que ce n’est vraiment pas original mais quand même vachement bien. Désolé pour tous les jeux que j’oublie….

Bien sûr, avant les jeux, il y a les gens…. mais ça, pas la peine d’en parler sur mon blog ou d’essayer d’en faire une liste – juste merci à tous.


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I’m back from the Cannes game fair, after three long days of fun. Cannes has now become the big French game fair, though it still lacks a bit in the international aspect. There are more exhibitors every year, and in the Saturday crowd, it feels like Essen.

I’ve seen the first drawings for the Mascarade expansion, I’ve met for the first time the illustrator, Jeremy Masson, and we’ve nearly made the final choice of characters – though we’re still looking for a nice name for this expansion.

 I’ve signed for three lighter games with Sweet November, a small new French company. The first one, with drawings by my friend David Cochard, ought to be published by the end of the year.

I had brought several prototypes, but I didn’t play them. I rather played games designed or published by friends prototypes, and even by people I later learned were supposed to be enemies. I discussed strange topics, such as the relevance of Foucault’s theory of discourse and Saïd’s postcolonialism in the analysis of games. I walked a bit on the strand and in the city, and was even accosted by prostitutes in a luxury car – I had always thought that prostitutes were walking and prospective clients were driving cars, but things seems to go the other way in Cannes.  

Among the best games I played at the fair were Zebulon, a clever and original word game, but completely language dependent, so don’t look for it if you don’speak French. Medieval Academy, gorgeously illustrated by my friend Pierô, is a light and fast paced drafting game. Sold Out is a fast reaction card game about sales. La Nuit du Grand Poulpe (Night of the Great Octopus) makes the lovecraftian universe almost fun. The pirate game to be soon published by the Space Cowboys has no name yet, or rather a new one every day, and feels like good old boardgames from the seventies – but much faster, nasty and dynamic. And I had great fun playing La Cucarach, which is not only for children.

I may even recommend several games I didn’t play, either because I carefully  looked at them being played, or because I heard consistent reports of how good they are.  The next big Bruno Cathala game to be published by Days of Wonder is about sowing grains in the desert to grow camels and pyramids, so it still has some thematic issues, but it’s incredibly clever and I’m eager to play it. Braverats is a Japanese minimalistic games about Scottish rats – why not, Japanese already make the best whiskies. Elemon is an incredibly cute and thematically strange race and card-combo game – in fact, I didn’t really understand how it works, but everybody was having fun and several trustful friends told me this was their game of the show. Despite its gorgeous tokens, Splendor manages to look like a totally unoriginal german style card game, and those who played it told that it’s a totally unoriginal german style card game, but nevertheless  one of the very best of its kind. Sorry for all the games I forgot….

Of course, one doesn not go to a game fair just for games – it’s also for people, but there’s no need to talk of everyone here, and I won’t even try to make a list – just thanks to you all !

 

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